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Six ans après la parution de La tendresse attendra, l’auteur et scénariste Matthieu Simard est de retour en librairie avec Ici, ailleurs publié aux Éditions Alto. Celui qui nous a habitué à une plume narquoise et légère, portée sur l’observation des travers du quotidien, nous revient avec un court roman tout en nuances, dans lequel l’absence et le silence prennent néanmoins beaucoup de place.

Sous-titré Roman sans musique, le récit débute avec ce violoncelle déposé au sol d’une maison centenaire, en plein coeur d’un village en exil extérieur depuis plusieurs années, faute d’emploi. Déposé parmi les restants d’une ancienne vie mise en boîte et étiquettée avec soin, celle de Marie et Simon, en couple depuis « neuf ans presque dix » et cherchant à renaître.

Nouveaux propriétaires de ce que les villageois du coin appellent « la maison du vieux », les amoureux incertains y cherchent le calme afin de raviver la flamme et, si possible, fonder une famille. Bravant la désertion ambiante, ils font la

connaissance du garagiste Fisher, d’Alice, la sourde et muette, et des Lavoie, les autres nouveaux, au premier abord le couple parfait aux enfants pareillement parfaits.

L’hostilité de certains habitants à leur endroit, les parcs inoccupés et l’insistance proprement insupportable des Lavoie poussent Marie et Simon à une réclusion pontuée de courtes ballades et autres visites incourtoises. L’accident du petit Patrick Lavoie, prétexte à la visite d’un hôpital montréalais par le couple, sert de clé de voûte au reste de l’histoire. Les mystères du village s’éclaircissent au fil des confidences, alors que le sentiment d’absence revient à demeure chez Marie et Simon.

Et le souvenir de Marie berçant sa fille malade au son du violoncelle, trois ans plus tôt.

Un triomphe de délicatesse

Matthieu Simard signe ici un roman très court, à la trame narrative dépouillée, mais riche, où il démontre une parfaite maîtrise de ton. L’alternance entre les deux différents narrateurs, Marie et Simon, nous expose le couple dans toute sa complexité, avec sa gamme de mensonges admis et de ferveurs refoulées. C’est leurs quêtes individuelles qui nous aide à comprendre le mal commun qui les ronge.

Le lecteur retrouve toutefois l’humour caractéristique de l’auteur dans les conversations du couple ou dans leurs moments de malaise auprès des Lavoie.

Un recours à l’imaginaire brouille agréablement les cartes en cours de route, comme par exemple avec cette antenne qui s’attire la détestation comme la fascination des villageois ou ce salon de quilles de l’au-delà où Simon retrouve ses disparus. Comme le veut un motif récurrent du roman, souhaitons s’en souvenir pour un moment, pourquoi pas quarante ans.


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