Avec un titre qui donne envie d’enfiler nos plus beaux habits et de se déchaîner sur le plancher de danse, on s’attend à un film léger. Pourtant, très tôt, les sept personnages nous entraînent dans leurs univers qui s’entrecroisent. On est de retour à une époque (1976) où le Québec frôle la souveraineté, où les Jeux olympiques d’été battent leur plein et où les paillettes de cette nouvelle mode nommée «disco» font vibrer un Montréal qui ne se cache pas de son ambition de devenir la métropole la plus courue en Amérique du Nord.

De fait, tel que le mentionne Daniel Roby, «beaucoup de monde vont aller voir Funkytown par nostalgie. On a fait une projection-test où il y avait des publics de différents âges, pour voir un peu la réaction. Il y avait aussi des dames dans la soixantaine qui avaient vécu l’époque de façon assez intense, qui défendaient le film et qui trouvaient que c’était une représentation fidèle. Il y en a même qui ont dit: ‘‘c’est presque un documentaire!’’ ».

Fidèle à la réalité montréalaise d’antan, le réalisateur s’est lancé un défi de plus en optant pour une distribution bilingue. «Un vrai film 50-50 bilingue, avec des personnages qui interagissent tout au long du film, ça ne se fait pas souvent. On a fait du casting à Montréal, à Toronto, à Vancouver et à Los Angeles. À certains moments, j’ai eu peur qu’on ne réussisse pas à caster Tino, un jeune Italien dans la vingtaine, charismatique, séducteur, bon danseur, qui allait jouer un gai, mais qui n’avait pas l’air gai. Bref, un bon challenge de contenu», mentionne-t-il.

«C’est l’histoire d’Alain Montpetit (acteur et animateur québécois de radio et de télévision) et de Douglas «Coco» Leopold (vedette à la radio et chroniqueur spécialiste du jet-set) qui est mort du sida. C’est un super beau film», partage Raymond Bouchard, qui interprète un gérant magouilleur. Funkytown ne propose rien de moins qu’une virée dans le monde du showbiz et du night life, relatant la gloire et la déchéance d’une époque qui a marqué l’histoire. Notons que l’imposant comédien est un ancien étudiant de l’Université Laval et fut directeur de la troupe des Treize en plus d’y jouer pendant deux ou trois ans.
 

   Évidemment, la musique occupe une place prépondérante dans le film et deux versions de l’album sont disponibles dont une édition qui contient les 15 chansons disco du film. On y retrouve entre autres «I Feel Love» avec Florence K et «Hot Stuff» par Nancy Martinez. Il reste à savoir si cela donnera lieu à un spectacle sur scène.