Impact Campus : Vous avez gagné l’album alternatif de l’année au récent Gala de l’ADISQ. Le voyez-vous comme un accomplissement ?

Julien Mineau : C’est sûr que ça fait du bien de gagner ! C’est une bonne tape dans le dos. Quand on sort un album, on n’est jamais vraiment sûr des réactions, car on ne peut plus se baser sur rien à part les concerts. Donc, ça prouve que notre musique a suscité un certain intérêt. Ce prix était d’autant plus surprenant qu’on pensait que c’est Galaxie, aussi en liste pour le prix Polaris, qui allait le remporter ! Ce n’est pas la fin du monde non plus, mais ce Félix peut apporter une nouvelle visibilité à des gens qui ne nous connaîtraient pas encore… ou changer l’opinion de certaines personnes sur notre musique !

 

IC : Est-ce que le spectacle La caverne a évolué depuis le début de la tournée ?

JM : Oui, on est maintenant plus rôdé, plus tight. On rajoute des chansons, on essaye de faire quelque chose de plus construit. On joue des chansons des quatre albums et on essaye de les mettre dans un certain ordre : on commence joyeux et on finit « maladie » ! Les chansons de La caverne, à proprement parler, sonnent plus rock en spectacle, tout comme celles des albums précédents d’ailleurs. Elles contiennent une meilleure énergie quand elles sont jouées sur scène.

 

IC : La caverne est un album plus accessible, plus pop. C’est le cas de la musique, mais est-ce le cas des paroles aussi ?

JM : Oui, en un certains sens. Labyrinthes [le précédent album] proposait des textes qui parlaient, notamment, de la dépression. Ceux de La caverne sont plus accès sur les relations humaines et amoureuses. Il y a un effort d’être moins pessimiste, qui se traduit aussi dans la musique. Ça a donné des pièces plus rythmées, comme « Synesthésie », qui emprunte les clichés du pop sans tomber dans ses pièges, ni être trop redondant. D’où la durée relativement courte de cette pièce.

 

IC : Vous allez fêter l’année prochaine vos dix ans de carrière. Quel bilan de parcours tirez-vous de cette première décennie de groupe ?

JM : On n’a pas encore fait le bilan, mais en tout cas les années ont passé très vite ! Le succès a été quand même relativement rapide et nous continuons à surfer dessus encore aujourd’hui. On voit cependant que bâtir une carrière dans le milieu musical au Québec est difficile et qu’il faut toujours recommencer. En ce qui concerne Malajube, on a une bonne grosseur de groupe : pas trop gros mais quand même pas trop confidentiel non plus. On peut maintenant se permettre de ne plus stresser, de ne pas faire 300 spectacles par année, comme on l’a fait par le passé. Ce fut d’ailleurs assez pénible comme période : il faut rejouer les mêmes pièces soir après soir, l’envie n’est pas tout le temps là… Ce n’est pas tout le temps magique. Heureusement, 2011 est une belle année pour nous, avec peu de spectacles… mais des bons à chaque fois !

 

 

IC : Où en est votre carrière internationale ?

JM : On a beaucoup tourné aux États-Unis et au Canada dans les dernières années, mais actuellement, on n’a pas la force d’aller partout, car cela représente beaucoup de travail logistique et beaucoup de fatigue. Nous misons d’abord et avant tout sur le Québec et aussi sur le fait de faire du rock en français. Pour l’anecdote, je n’écoutais que de la musique anglophone durant mon adolescence et je ne chantais qu’en anglais, chose qui ne serait plus possible aujourd’hui ! Cela permet par ailleurs de démonter aux jeunes que faire du rock en français est possible de nos jours au Québec. C’est une de nos motivations à poursuivre dans cette voie et ne pas perdre notre langue maternelle au profit d’une carrière qui ne nous intéresse pas forcément.