L’espace d’un soir, le Théâtre Petit Champlain est devenu une véritable boîte à surprises, et ce, au grand bonheur des spectateurs d’une salle presque comble. 

Camille Allard 

Sarah Slean - Sylvain Fillos-21Dès la première partie du spectacle, assurée par le talentueux et sympathique Ian Kelly, la soirée promet d’être pour le moins animée. D’entrée de jeu, Kelly, charismatique, investit la scène en interprétant ses propres compositions bercées au son d’une musique folk tour à tour douce, vive et saisissante de par son humour. Ian Kelly, c’était l’une des belles surprises que nous réservait le Théâtre Petit Champlain. Après que la salle ait été réchauffée, Sarah Slean entre sur scène, sautillante, gamine. Si les photos figurant sur son album double Land and Sea la présentent comme une artiste sobre, calme, presque taciturne, il n’en est rien.

Pétillante du début à la fin de sa prestation — et accompagnée d’excellents musiciens qu’elle présente à deux reprises durant la soirée —, c’est une femme dynamique et joueuse qui se présente à un public ravi de l’entendre s’adresser à lui en français la plupart du temps.

Dès les premières notes des chansons tirées de son album Sea, Slean surprend. Son registre de voix impressionnant charme et secoue à la fois. Aucune chanson ne se ressemble, toutes ont leur cachet. Voir jouer Slean au piano, c’est un peu comme voir jouer une enfant avec sa poupée : c’est drôle, vrai, attendrissant.

La scénographie est très simple, basée sur des effets de lumière dorés, en éventail. Elle plonge littéralement l’auditoire sous l’eau.

Les chansons de Slean s’enchaînent, enjouées, tristes, critiques, vivantes. Un problème technique dérange la qualité sonore du spectacle ? « Si ça continue, nous allons nous débrancher et jouer acoustique pour vous. Vous méritez la perfection ! » s’exclame l’artiste, soucieuse d’offrir une bonne prestation. Déçu, le public ? Jamais !

Si la musique, les chansons et les effets d’éclairage appuient un professionnalisme véritable, la présence de l’artiste, que cette dernière soit assise à son piano ou debout, le micro à la main, est entraînante. Généreuse de sa personne, Sarah Slean anime la soirée par ses expressions, ses mimiques et son évidente passion. Elle pique, ose quelques blagues, notamment à l’endroit de monsieur Stephen Harper…

Lorsqu’elle s’adresse à l’auditoire, c’est pour blaguer avec lui et expliquer, parfois, la signification de certaines pièces. Le public n’est à aucun moment laissé à lui-même : il a l’impression d’accompagner Slean durant toute sa prestation.

Surprenante, Sarah Slean? Elle est une petite boîte à surprises et à chaque ouverture, elle offre un cadeau différent.