Arométis, c’est d’abord un rêve : celui de Paméla Kamar, qui consiste à créer un album réunissant toutes les couleurs et accents du Québec. Ce projet de disque s’inscrit dans la liste des différentes actions de l’organisme Vision Diversité, fondé par Aida Kamar dans le but de promouvoir la diversité comme levier essentiel de développement et de cohésion sociale.

Les dix-sept artistes québécois aux origines multiples ont été choisis «non pas pour leurs origines, mais pour leurs univers musicaux différents et internationaux», expliquait Paméla Kamar dans son mot d’introduction au début du spectacle. Dix-sept univers, dix-sept personnalités, dix-sept talents qui ne forment qu’un seul et même tout inspirant et électrisant. Le résultat est un véritable bijou de musique. Tout le Québec métissé semble réuni sur un album. Sur scène, ce mélange des cultures prend une dimension explosive de vie. 

Pour réaliser cette cohésion musicale, il fallait un grand manitou orchestrateur. C’est l’artiste multidisciplinaire Nicolas Jobin qui fut tout désigné pour relever le défi. Originaire de Québec, Jobin a étudié la composition au Conservatoire, tout en baignant dans l’univers de la danse et du théâtre. Il a donc mis tous ses talents au service de ce collectif pour réaliser un album coloré et pétillant.

«J’ai d’abord apporté une dimension historique au travail, car les musiques du monde ont déjà cohabité, si on pense par exemple à la musique arabo-andalouse du XVIIIe siècle. Ensuite, on a travaillé avec nos oreilles pour mélanger des sonorités, remplacer des instruments, substituer des univers selon notre ressenti,» partage-t-il en entrevue.

Nicolas Jobin, ne laissant aucun détail au hasard, a également assuré la mise en scène du lancement. Des déplacements épurés et efficaces, des éclairages suscitant un  univers tantôt enflammé, tantôt mélancolique, une sonorisation englobante et puissante, et surtout, une incroyable cohésion et écoute scénique de la part des musiciens; tout pour que la musique parvienne au public comme une onde de choc et que celui-ci vibre de ce métissage culturel.

«Le métissage, il en était question à plusieurs égards », confie le directeur musical et metteur en scène. Il y avait d’abord un métissage des philosophies orientales et occidentales, et aussi un métissage des musiciens autodidactes et des diplômés des grands conservatoires. Finalement, il y avait un métissage de ceux qui font de la musique par passion et de ceux qui tiennent leur talent d’un héritage familial et culturel. Il a fallu dialoguer !»

Ce dialogue a porté ses fruits : Arométis, dont le titre est issu du croisement des mots « art », « arôme » et « métis »,  constitue la mise en commun de passions et de talents qui reflète ce que pourrait être notre société si la connaissance de l’autre, l’écoute et les échanges culturels étaient mis au premier plan. Croire en l’humain, croire en l’espoir, croire en la diversité, croire en la complémentarité: c’est ça, être Arométis.

Crédit photo : Arnaud Anciaux