Pour un 13e automne, le pavillon Desjardins-Pollack était le théâtre d’une fête de la rentrée aux proportions démesurées. De Random Recipe à Canailles en passant par Qualité Motel, Gazoline, Mauves et Duchess Says, plus de 7000 curieux venus célébrer la rentrée universitaire en ont eu plein les oreilles. Retour sur les performances offertes sur les scènes Relève, Électro, Rock et Folk.

Kim Chabot et Stéphanie Lavoie

La scène Relève

En arrivant à la terrasse du Pub universitaire, où pour la première fois, une scène a été installée, on peut d’ores et déjà entendre la musique de la tentaculaire Claudia Gagné, alias L’Octopus, et de son guitariste Hugo Lemalte. Aucun « flafla » pour les musiciens qui inaugurent la scène Relève : seuls deux projecteurs diffusant une lumière discrète encadrent le duo. La performance est assurée et posée, et l’ambiance, intime.

Attrapés au vol quelques minutes avant leur entrée en scène, les membres du groupe The Marquees sont confiants : « Comme à chaque show, on va livrer une performance béton. Ça risque d’être un show exceptionnel, comme toujours », nous révèle Victor Belzile, chanteur de la formation de Québec. La foule y est sans doute pour quelque chose, en dépit de l’heure peu tardive. « Y’a du monde, des jeunes fringants à la disposition de la musique rock », affirme le bassiste Eloi Marmet Rochefort. À peine installés, les gars de Québec et de Lévis démarrent en lion. Le vintage rock qu’ils nous serviront pendant une bonne heure est puissant et mélodieux. Dès la deuxième pièce, l’harmonica embarque pour le plus grand plaisir de nos oreilles. The Marquees conquiert son public grâce à son énergie et à son aisance sur scène. « J’ai beaucoup aimé le band. Je trouve que ça groovait. J’ai adoré ce que j’ai vu » nous confie Amélie Bélanger pour qui c’est le deuxième Show de la Rentrée.

Le dernier band à se produire sur la terrasse du Pub universitaire est Gazoline. Nominés la veille à l’ADISQ dans la catégorie « Album de l’année – Rock », les membres du groupe sont tout sourire à l’approche de leur performance.« Ce n’est pas notre premier party universitaire, mais on sait que c’est tout le temps fou braque et vu que c’est l’une des plus grosses universités, on s’attend à ce que ça soit pas mal royal fou braque », reconnaît Jean-Cimon Tellier. Pendant une heure, on a droit à une performance intense où l’odeur de la cigarette se mêle à des rythmes pop-rock qui ne laissent pas indifférents. K. C.

La scène Électro

Pile-poil à l’heure, Les Guerres D’l’Amour débarquent joyeusement sur le stage de l’atrium Jean-Guy Paquet à 20h30. Le chanteur et la chanteuse principale – Maxime Bouchard et Amélie Pitre –  se sont endimanchés pour l’occasion : robe cocktail noire et accessoires clinquants pour elle, chemise argentée et accessoires kitsch pour lui. Une fois la troupe au complet, elle attaque les pièces les plus funky de son premier album, Unisexe. La douzaine de joyeux lurons semble tout droit sortie des années 1970, chorégraphies à l’appui. Dans le public, on tape du pied, on se déhanche et on se brasse la chevelure à qui mieux mieux. Après leur performance, les Guerres D’l’Amour nous livrent leurs impressions. « Le monde dansait, c’était tous des gens qui n’avaient pas vu le spectacle pour la plupart, c’est merveilleux », poursuit son acolyte Maxime Bouchard.

Vers 21h30, place à Pif Paf Hangover. Depuis quelques années, les quatre gars ont le vent dans les voiles. Ils multiplient les apparitions dans des festivals et les concerts pour présenter au public Curry Love, leur premier album. Sur scène, le groupe ne laisse pas sa place et gobe l’énergie que l’auditoire lui envoie. Leur son pop-rock électro séduit la foule qui se fait de plus en plus compacte. Sur le coup de 22h, le band y va d’une pièce inédite : « La prochaine c’est Kelly, elle est pour vous, les jeunes filles qui arrivent à l’Université Laval ». Mixée avec I Want You des Beatles, la pièce fait son effet. En bon québécois, le party est « pogné ».

La scène n’a pas le temps de dérougir : peu avant 23h, c’est au tour de Random Recipe de faire danser l’atrium Jean-Guy Paquet. Le quatuor n’a plus besoin de présentation : il collectionne les nominations et prix, les festivals d’ici et d’ailleurs et les collaborations – Pierre Lapointe, DJ Champion et autres Jérôme Minière. Avant d’entrer en scène, le groupe, qui n’en est pas à sa première participation au Show de la Rentrée, est fébrile. « C’est le fun de jouer pour des étudiants parce que c’est le meilleur public. C’est un public qui est à l’affût de tout ce qui se passe musicalement parlant, qui n’est pas blasé encore, qui a envie de découvrir des affaires », confie Frannie Holder. « L’été achève, alors on flash nos derniers coups de soleil, nos derniers maillots de bain de la collection d’été », renchérit Fab dont on pourra admirer plus tard les talents de rappeuse et de beatboxer. Les cris fusent à l’arrivée de la bande de Random Recipe. Dès les premiers morceaux, le public est conquis par leur hip-hop aux accents de synthétiseur.

La pièce de résistance nous est servie sur le coup de minuit à l’arrivée de Qualité Motel, plus récent projet électro de la troupe de Misteur Valaire. À peine ont-ils le temps de s’installer que la foule est en liesse. Les quatre membres, vêtus d’habits de ski rétro et de lunettes fumées, s’échauffent et déjà, ils sont accueillis en rock star. On ne s’étonne pas que leur nom ait été sur toutes les lèvres cette soirée-là. Les bras se lèvent quand les rois de l’électro-rétro entonnent leur pièce éponyme. L’envie de danser ne nous quitte qu’à la toute fin. K. C.

Show de la rentrée UL

Los, Les Marinellis, Les Indiens et Solids ont offert un rock digne de cette scène. Duchess Says, tête d’affiche de la scène installée au Grand Salon, a clôturé la soirée en prenant la scène d’assaut avec son rock alternatif criant. La chanteuse Annie-Claude Deschênes était déchaînée et hurlait les paroles avec sa voix puissante. Le son assez dur, presque métal du groupe était bien appuyé par un excellent bassiste (Philippe Clément).

Juste avant, le duo montréalais Solids a présenté un excellent punk rock bruyant qui semblait plaire à la foule. Les Indiens ont aussi attiré un certain public de fans avec leur musique presque psychédélique où la distorsion était à l’honneur. Toutefois, la voix du chanteur était plutôt saccadée, ce qui ne mettait pas la performance des musiciens en valeur.

La soirée avait bien commencé avec les membres du groupe Les Marinellis qui ont présenté leur rock vivant dès 21 h. Clairement, les cinq Montréalais semblaient s’amuser sur scène et ne lésinaient pas sur la distorsion pour créer un son brut. S. L.

Scène Folk

Canailles, jeune groupe de Montréal, a fait lever la soirée avec sa musique folk traditionnelle qui rappelait les veillées familiales. Il régnait un bel esprit de complicité, surtout entre les huit musiciens de la formation. Après deux chansons, le public dansait et sautait. On a rarement vu autant de gens s’essayer au « body surfing » à un concert de ce style musical. La chanteuse et leader du groupe, Daphné Brissette, est enchantée d’avoir un public aussi alerte : « Vous êtes un des meilleurs publics qu’on a eu », clame-t-elle aux spectateurs pendant la prestation. Accompagnée d’accordéons, d’une contrebasse, de percussions et d’une planche à laver, la jeune chanteuse poussait des notes puissantes. On aime particulièrement sa voix feutrée qui s’harmonisait parfaitement à celles des autres membres. Le concert a atteint son apothéose à la toute fin avec leur version revisitée de My Heart Will Go On.

La table avait été mise auparavant par Mauves. Le band de Limoilou a une tonalité parfois blues, parfois folk, parfois plus mélodique. Cependant, l’ensemble se décrit plutôt comme un groupe rock. Leur prestation à la finale flamboyante ravit le public; la voix du chanteur – juste – et l’énergie dégagée par les membres du groupe y sont certainement pour quelque chose.  S. L.