Roberto Sierra, capitaine des Cravates, est très heureux d’avoir remporté ce tournoi pour la première fois. «C’était super, que des moments de plaisir», lance-t-il, le trophée de l’OPEN sous le bras. Les amateurs sont venus nombreux à la salle Hydro-Québec pour assister au meilleur de l’improvisation. «L’OPEN a la particularité d’aller chercher les meilleures ligues d’improvisation. C’est ce qui attire beaucoup de gens et qui rend le tournoi fantastique», ajoute-t-il.

L’équipe de la LUI, ayant joué de façon tout à fait honorable, s’est fait battre par les Cravates en demi-finale. Bernard Lasnier, capitaine de l’équipe hôtesse, ne regrette rien du tout. «On a fait de très bons jeux, c’est ça qui compte», affirme-t-il. «Je suis très content du travail qu’on a accompli durant tout le tournoi», ajoute-t-il.

À mesure que le tournoi avançait, l’improvisation gagnait toujours en qualité. Les équipes disposaient d’ailleurs d’excellents joueurs. Les Cravates étaient capables de créer des personnages très différents à tous les jeux. Les situations amenaient facilement les conflits et les gags. La LicUQAM, de son côté, pouvait entre autres compter sur le talent de Catherine Robert, dont la voix et les expressions du visage lui donnaient des airs de personnage de dessin animé.

Préparer une équipe à un tournoi comme celui-ci demande de la préparation. Selon Bernard Lasnier de la LUI, il est important que les joueurs aient l’esprit centré sur la compétition. «Même si on se pratique depuis longtemps, c’est bien d’être concentré jusqu’à oublier ce qu’on faisait à la maison ou au travail avant d’embarquer sur le tapis», dit-il. «Avec un feeling bien fixé, on se bâtit autour d’une situation et les gags viennent tout seuls», ajoute-t-il.

Dix ans
En ce dixième anniversaire, les organisateurs du tournoi ont décidé de faire de l’édition «Les noces d’étain» de cette importante rencontre d’improvisateurs. Les animateurs des matchs étaient d’ailleurs déguisés pour célébrer ces «noces». «Dix ans après, c’est les noces d’étain de l’OPEN», lance le responsable de l’évènement, Julien April. Pour l’occasion, les animateurs remettaient des fleurs aux trois étoiles de chaque match.

Des jeux particuliers
Les arbitres ont fait beaucoup d’efforts cette année pour introduire des catégories de jeux originales. La catégorie «Doublage YouTube» a mené à un des jeux les plus tordants du tournoi. Lors de la première soirée (vendredi), la LUI et la CIA de Montréal ont doublé dans un jeu mixte un épisode des Belles histoires des pays d’en haut. Le public a vite compris que Séraphin et Donalda se préparaient à une soirée bien intime.

«À sens inverse», une catégorie inventée par l’arbitre Richardson Zéphir, demandait à réinterpréter l’histoire introduite par l’adversaire en inversant propos et émotions. Avec le thème «Le deuxième cycle», Les Cravates de Montréal ont joué une histoire de buanderie dans laquelle des gars se disputent leur tour de lessive en se criant des injures. Un client, d’un ton calme, vient alors se plaindre du tapage. La LUI a ensuite réinterprété cette histoire avec des personnages qui se partagent les machines à laver avec amour. Et cette fois, celui qui devait se plaindre rageait qu’il n’y avait pas assez de disputes.

D’autres anecdotes
Du côté de la LUI, il faut souligner l’imagination d’Olivier Goulet-Lafond et de son capitaine Bernard Lasnier, alors qu’ils mimaient deux gars qui venaient de gagner un gros montant. Ils ont d’abord tiré à pile ou face pour décider quoi en faire. «Si c’est face, on donne tout aux itinérants. Pile, on dépense de la manière la plus immature possible, lance le joueur Goulet-Lafond. Pile! On s’en va à Las Vegas!»

Toutefois, un tournoi d’impro suscite parfois autre chose que des rires. La LIM de Montréal a fait un jeu particulièrement touchant: un personnage est dans le coma tandis que ses amis et des membres de sa famille passent un à un pour raconter la relation qu’ils avaient avec lui. «Ça c’est mon frère, je l’aimais beaucoup», racontait une joueuse sur l’improvisoire. Mais le rire est aussitôt revenu en scène avec la Ligue d’Improvisation de Québec (LIQ). Marie-Pier McLeod a alors repris le rôle de la mère du gars dans le coma (Louis-Olivier Pelletier). Elle lui dit: «C’est pas parce que t’étais un accident que tu devais en avoir un». Quelques instants plus tard, Louis-Olivier Pelletier s’éveille, devenu légume dans une chaise roulante, et utilise un ordinateur pour dire de façon saccadée: «Maman, je te hais».

Finalement, une farce entendue dimanche soir aurait fait rire plusieurs fédéralistes. Jean-Philippe Durand de la LIM de Montréal s’est mis à faire le commentateur télé en se mettant dans la peau de Charles Tisseyre, l’animateur de l’émission Découverte. «Fait important, a-t-il dit, le nom Manon était très populaire au Québec en 1980, période de référendum.»

Ainsi, en cette dixième édition, l’OPEN de la LUI a conservé tout son lustre et l’a même fait briller un peu plus. Est-ce que la onzième édition sera tout aussi réussie? Rendez-vous en janvier 2012.