C’est un drôle de plateau de tournage que celui de Tout le monde s’en fout. Dans une section du restaurant Le Cercle, l’animateur et producteur Matthieu Dugal échange avec ses invités, accompagné de sa coanimatrice, Aude Brassard. Les cibles des objectifs sont assises pendant que des cameramen s’activent autour d’elles, en filmant leurs moindres gestes avec des caméras photo. Dans le coin, la maquilleuse s’affaire pendant que la régisseuse se promène inlassablement. La petite équipe de production ne dispose évidemment pas de moyens énormes, mais le désir de ses membres de produire quelque chose de rafraîchissant et novateur est manifeste. Conçue pour la radio, l’émission est filmée pour la télévision, ce qui lui confère une tout autre facture, différente de ce qui est disponible sur nos petits écrans. «Dans un studio de télévision, on ne voit jamais rien, il n’y a rien qui dépasse. Tandis que dans un studio de radio, il y a de la gomme collée en dessous de la table, il y a des livres partout, des tasses de café, des écouteurs, des fils. On l’oublie, mais un studio de radio est extrêmement télégénique», explique Matthieu Dugal.

L’innovation amenée par le tournage à l’aide de caméras photo amène cependant des contraintes aux créateurs de l’équipe, puisque les cartes de mémoire ne permettent pas d’enregistrer plus d’une dizaine de minutes à la fois. Comme l’émission ne dure qu’une demi-heure, les chroniques sont denses et vont droit au but, à l’instar des entrevues. Côté contenu, les micros et les caméras de l’émission n’en ont que pour les créateurs de Québec. Le concept est simple : donner une vitrine télévisuelle à la culture de Québec. «À Montréal, l’écologie médiatique est vraiment bien pourvue. Il y a beaucoup de médias, tout est couvert, n’importe quelle exposition est couverte par six médias. Je ne suis pas utile à Montréal. Ça m’intéresse de faire lever la scène à Québec, de faire la différence. Je sens qu’on ne verrait pas les gens que j’invite à la télévision si je ne les mettais pas en ondes à Tout le monde s’en fout », croit Matthieu Dugal.

Le titre, qui fait bien sûr référence à la très populaire émission de Radio-Canada Tout le monde en parle,  est plutôt trompeur. Comme l’explique Matthieu Dugal, les sujets qu’il présente chaque semaine visent justement à départir le bon du moche, l’innovateur du réchauffé. «Pour moi, il y a de la bonne musique, il y a de la mauvaise musique. Il y a du bon théâtre, il y a du mauvais théâtre. Il y a des gens intéressants, il y a des gens plates. Peu importe le domaine, Tout le monde s’en fout, c’est une manière de synthétiser toutes ces curiosités qui m’animent et qui, je pense, peuvent intéresser les gens.» Un nouvel épisode de Tout le monde s’en fout est diffusé chaque mercredi à 23 h 30 à VOX, en plus d’être rediffusé plus de dix fois pendant la semaine.