A New Level, premier album studio de Dirty Red Shoes (DRS), est officiellement lancé depuis le 6 septembre dernier. Les rockeurs de Lévis ont livré une performance naturelle, percutante et complice jeudi soir à l’Agitée.

Raphaël Létourneau

 « Notre matériel est prêt depuis longtemps et on commençait à être impatient que notre musique se retrouve en ligne et en magasin », a avoué Math Den, chanteur et guitariste de DRS, manifestement enthousiaste quelques minutes avant de monter sur scène.  L’influence des artistes grunge des années 90 comme Nirvana, Pearl Jam, Stone Temple Pilot définissent bien la musique de DRS. Mais contrairement aux formations postgrunges actuelles, Nickelback en tête de liste, DRS réussit à marier la charge émotive pleine de rage du grunge avec une habile maîtrise de la mélodie pop. Le résultat est accrocheur dès la première écoute et la musique n’a pas tendance à paraître surchargée ou vidée de son essence.

L’aliénation sociale, un thème de prédilection du grunge, transparaît dans leurs textes. « On a voulu dénoncer les grandes stupidités de notre société comme les dérives du capitalisme et du système démocratique. On parle aussi des relations humaines, d’amour et d’amitié. Le titre de l’album A New Level est une référence à notre passion commune pour les jeux vidéo et notre amour de la musique 8 bits du NES des années 80 », explique Math Den.

A New Level a vu le jour après de nombreuses séances d’enregistrement et quelques changements d’orientation. L’enregistrement s’est déroulé au Henry Hirsch Studio de New York, au French Kiss Studio en Ontario et au Radicart Studio de Trois-Rivières en compagnie du producteur Francis Perron. Math Den a d’ailleurs remercié Francis Perron au court de la soirée, soulignant qu’il avait bien compris les ambitions du groupe. Cinq ans après la fondation de DRS, le groupe est apparu très uni et fier du travail accompli.

« Pour avoir été dans plusieurs bands, je dirais que la réussite de DRS est liée à une direction musicale commune, une bonne chimie, des talents complémentaires et l’absence de chicane, même en cohabitation pendant deux ans », éclaircit le chanteur.

Sans révolutionner le genre musical, les gars de DRS savent récupérer les meilleurs éléments du grunge pour en faire une oeuvre et une performance scénique cohérentes, ce qui a tendance à échapper à certains de leurs contemporains.