Du vendredi 29 novembre au dimanche 1er décembre se tenait au D’Auteuil la compétition annuelle de slam du Québec. Les représentants des ligues de Rimouski, Rivière-du-Loup, Montréal, Québec, Gatineau, Chicoutimi et Sherbrooke s’affrontaient pour une treizième édition.

Par Jessica Dufour, journaliste collaboratrice

Précisons d’abord ce qu’est le slam: une joute oratoire pendant laquelle chacun des participants doit livrer sur scène un texte original sans accessoire, costume ou musique et ce, dans un maximum de trois minutes. Personnels ou engagés, ces textes sont élaborés dans une variété de styles et à l’aide de diverses techniques d’écriture comme la rime, l’allitération, l’assonance et le jeu de mots. Pour cet art oral, l’écrit n’est rien sans la présence scénique, puisqu’il vise à rejoindre le public, à lui faire vivre une émotion. Les slameur.euse.s peuvent ainsi joindre le geste à la parole, changer de ton ou appuyer sur certaines syllabes pour faire varier le sens des mots. Cinq juges sélectionnés parmi la foule doivent ensuite attribuer, à chacun.ne, une note sur 10 basée sur leur appréciation.

Afin d’assurer l’animation de la compétition, Thomas Langlois, champion des éditions 2017 et 2018 se joignait à André Marceau, organisateur de l’événement et fondateur du Tremplin d’Actualisation de Poésie. Coiffés de deux chapeaux fort originaux fournis par la foule, ils ont procédé au tirage au sort afin de déterminer l’ordre de passage des participants et ont effectué les transitions entre chaque performance de manière divertissante.

Pour briser la glace, trois ex-champions ont été invités à sacrifier un slam, une occasion pour les juges de se familiariser avec leur nouvelle responsabilité. Guy Perreault, Léo Coupal et Thomas Langlois ouvraient donc le bal. C’est en balade poétique à vélo qu’a choisi de nous amener le premier. Le second nous parla de son urgence de vivre, de l’importance de réaliser ses rêves, tandis que le dernier offrit un hommage à la candeur de son frère autiste.

Ont défilé sur scène, pendant ces trois jours de compétition, un total de 21 slameur.euse.s. De nombreux textes aux thématiques variées ont été livrés devant un public réceptif et nombreux. L’achalandage atteignit son apogée le samedi alors que la foule se massait autour du bar faute de sièges disponibles.

C’est dans un esprit de fraternité et de joie partagée que s’est déroulée la compétition, chaque ligue encourageant les autres avec enthousiasme. L’équipe de Québec réunissait Véronica Rioux, Dominique Sacy et KJT. Grâce à des années d’expérience en tant que rappeur et animateur, ce dernier a su habiter la scène avec aisance et éloquence. Le talent de ces trois slameur.euse.s leur a permis d’obtenir la troisième place au classement des villes derrière Montréal (2e) et Sherbrooke (1ère).

Les points cumulés à toutes les étapes servirent à dégager du lot: Véronica Rioux, Nini Marcelle, Marc-Antoine Lévesque, Alexandre Cormier et Rassa Faray l’être persane. Les cinq finalistes se sont affrontés une dernière fois afin de procéder au classement final. Alexandre Cormier et Marc-Antoine Lévesque ont respectivement obtenu les troisième et deuxième places. C’est Véronica Rioux, l’experte du jeu de mots qui fut déclarée grande championne et qui aura l’honneur de représenter le Québec à la compétition internationale qui se déroulera à Paris.

Lors de la remise des médailles, tous les slameurs.euse.s sont montés sur scène pour se féliciter mutuellement et se prendre dans leurs bras. Ce n’est donc pas par hasard que la communauté québécoise du slam utilise, pour se désigner, le mot-valise « slamille », composé de « slam » et de « famille ».

L’événement était filmé à l’occasion d’un documentaire. Réalisé et produit par Jean Fugazza, « La Guerre du slam » sera disponible en 2020 pour les gens qui désireraient en apprendre plus sur le sujet. Ceux qui voudraient s’y initier en auront l’occasion chaque troisième mardi du mois à la Maison de la Littérature à 20h.