Tirant une tangente entre la photo conceptuelle et le portrait intimiste, VU PHOTO, centre de diffusion et de production de la photographie, propose deux expositions qui seront présentées jusqu’au 20 mars.

La première de celles-ci, Des fenêtres, met en vedette le travail du Montréalais Richard-Max Tremblay, qui s’intéresse autant à l’aspect technique qu’aux propriétés picturales du médium photographique. Visuellement, l’exposition présente une série de prises de vues provenant d’un ensemble de 17 fenêtres, toutes rendues opaques par l’accumulation de poussière au fil des ans. Les photographies ont ensuite été imprimées sur une surface adhésive et fixées sur un support aimanté. Cela permet un accrochage novateur grâce à l’utilisation d’une peinture légèrement magnétique. L’espace américain du centre est ainsi transformé en un endroit clos, bouché par une matière saisissante qui joue avec la surface apparente des objets de même qu’avec la profondeur insondable de l’imagination. 

Dans un deuxième temps, l’exposition Carny de Kyle Cunjak occupe les murs de l’espace européen du centre de diffusion. Les photographies présentées sont le fruit d’une recherche qui sonde l’identité d’une subculture nomade et parfois stéréotypée par le grand public. On parle ici des travailleurs des fêtes foraines, personnages au regard austère qui s’occupent des manèges et des kiosques afin d’offrir un bref divertissement aux enfants, petits et grands. Cunjak priorise ainsi l’utilisation d’un portrait qui situe son sujet dans son milieu de travail, habillé d’un accoutrement parfois farfelu et entouré par des prix en peluche, faisant transparaître l’homme dans toute sa fragilité.