43 étudiants ont disparu le 26 septembre 2014 lors d’une attaque policière contre des étudiants dans l’État de Guerrero au Mexique. Presque sept mois après, la mère d’un d’une des victimes et un étudiant font le tour du Canada afin de dénoncer la situation dans leur pays. L’Assemblée nationale du Québec a d’ailleurs pris position en affirmant le besoin de faire la lumière sur ce drame. 

La caravane d’Ayotzinapa, composée de Hilda Legideño Vargas, mère de Jorge Antonio Tizapa Legideño et Jorge Luis Clemente Balbuena, étudiant, sillonne le Canada afin de demander au gouvernement de reconnaître la situation mexicaine actuelle et de témoigner de l’entrave aux droits humains dans leur pays.

De passage à Québec, ils sont venus s’exprimer devant l’Assemblée nationale. La mère de Jorge Antonio souligne que la caravane est essentielle pour dénoncer les répressions mexicaines : « On doit continuer de voyager dans le monde pour diffuser le message, on ne croit plus au gouvernement ». L’aide doit donc venir de l’extérieur selon elle.

C’est d’ailleurs à l’unanimité que les députés de la Colline parlementaire ont voté jeudi 23 avril 2015 une motion reconnaissant le besoin de faire une enquête transparente et indépendante sur la disparition de ces étudiants mexicains.

« Que l’Assemblée nationale exprime sa vive inquiétude quant au sort des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014 dans l’État de Guerrero au Mexique et sa solidarité avec leurs familles durement éprouvées;

Qu’à l’instar des États-Unis, de l’Union européenne, des Nations Unies et de l’Organisation des états américains, l’Assemblée nationale affirme l’importance de mener une enquête complète et transparente afin que les responsables de ce crime soient portés devant la justice. »

 43 etudiants disparus - Alice Chiche-1

Dénoncer, témoigner 

Après leur passage à l’Assemblée nationale, la caravane d’Ayotzinapa est venue à l’Université Laval afin de donner une conférence pour ensuite se retrouver le soir autour d’un atelier de discussion.

Jorge Luis Clemente Balbuena explique ce besoin de s’exprimer sur ses amis et sur la situation actuelle afin que cela change : « On demande de meilleures conditions et [le gouvernement mexicain] répond avec de la répression. Ils ne connaissent que ça ». Car pour eux, Jorge Antonio Tizapa Legideño et ses 42 camarades ne sont pas morts, contrairement à ce que déclare le gouvernement.

Le ministre de la justice Jésus Murillo Karam déclarait le 27 janvier 2015 que les étudiants ont été assassinés par un groupe criminel. Ce que réfutent totalement les proches. Les disparitions seraient très fréquentes dans le pays. Depuis 2006, ce serait environ 21 000 personnes qui seraient disparues au Mexique selon le gouvernement.