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Les tuiles semblent tomber l’une après l’autre sur la tête de Mitt Romney depuis la publication par Mother Jones d’une vidéo le montrant en train de tenir des propos pour le moins controversés à l’endroit des électeurs démocrates.

Philippe C. Martine

Dans la vidéo enregistrée à son insu, on y voit le candidat républicain reprocher à 47% des Américains, en l’occurrence ceux qui soutiennent le Président Obama de vivre aux crochets de l’État. «Il y a 47% de la population […] qui se pose en victimes, et qui croient que le gouvernement a la responsabilité de les entretenir» a-t-il plaidé devant un groupe sélect de richissimes donateurs qui devaient débourser la coquette somme de 50 000 $ pour assister au dîner-causerie animé par l’ex-gouverneur du Massachusetts.

Il n’en fallait pas plus pour que l’impatience, et même l’irritation, d’un nombre croissant de ténors conservateurs sorte au grand jour. William Kristol du Weekly Standard a qualifié les propos de Mitt Romney de «stupides et d’arrogants», tandis que la columniste Peggy Noonan du Wall Street Journal a pointé du doigt «l’incompétence» du prétendant à la Maison Blanche. De plus, à l’avis de David Frum, l’ex-rédacteur des discours de George W. Bush, le Boca Raton fundraiser constitue la pire erreur d’un candidat à la présidence «depuis que Gerald Ford a annoncé en 1976 qu’il n’y avait pas de domination soviétique en Europe de l’Est».

Preuve que les choses ne tournent pas rond du côté républicain, le New York Times révélait que la campagne de financement du candidat Romney battait sérieusement de l’aile. Des 300 millions de dollars que le clan Romney dit avoir récoltés au courant de l’été, une partie seulement était destinée à la campagne présidentielle proprement dite, le reste devant servir à regarnir les coffres du Republican National Committee et à financer les organisations républicaines locales.

En fait, la campagne de financement du Président Obama aurait creusé un écart avec celle de son poursuivant. La campagne Obama surclasserait maintenant celle de Romney dans une proportion de deux pour un, selon le Washington Post. Obama aurait récolté 655 millions de dollars contre seulement 334 millions de dollars pour Romney. Et l’impact de ce retard est non négligeable : dans la guerre des ondes que se livrent les deux candidats dans les États chaudement disputés d’Ohio, de Virginie, du Colorado et du New Hampshire, Mitt Romney n’est tout simplement pas en mesure de rivaliser avec le président sortant.

La déroute de la campagne de Mitt Romney se matéria­lise concrètement auprès de l’opinion publique américaine. Un sondage du PEW Research Center le place désormais à huit points derrière Obama, alors qu’un sondage Gallup confirme l’avance d’Obama.

Les appels se font de plus en plus pressants dans le camp républicain pour que le mé­nage soit fait dans l’entourage immédiat de Mitt Romney afin de renverser la vapeur et de retrouver le momentum perdu au courant de la der­nière semaine. Les républi­cains sont bien conscients qu’à ce rythme, c’est non seulement la présidence américaine qui leur glissera entre les mains le 6 novembre prochain, mais aussi la majorité au Sénat, qu’ils croyaient acquise jusqu’à tout récemment.