À moins de 50 jours de la tenue des présidentielles américaines et à deux semaines du premier face-à-face télévisé entre le Président sortant et son vis-à-vis républi­cain, Barack Obama est toujours crédité d’une légère avance sur Mitt Romney.

Philippe C. Martine

Seulement, comme aucun des deux candidats n’a réussi à creuser l’écart sur son poursui­vant, il devient de plus en plus clair que l’issue des présiden­tielles américaines sera scellée dans quelques États clés, et plus particulièrement dans les swing states de Floride, d’Ohio, de Vir­ginie et de Caroline du Nord.

Dans cette course, rien n’est laissé au hasard pour mettre la main sur ces États pivots. Parmi eux, c’est d’abord l’État de Floride, qui compte 29 Grands Électeurs, qui est au centre des convoitises.

Les stratèges du GOP souhai­taient faire de la convention républicaine de Tampa Bay le point tournant de la campagne en ravissant au Parti démo­crate un État qui n’avait plébis­cité Barack Obama que par une très faible majorité au scrutin de 2008. La convention devait aussi leur permettre de braquer les projecteurs sur l’économie, la pièce maîtresse du programme de Mitt Romney, dans l’un des États les plus touchés par la crise immobilière aux États-Unis et où le taux de chômage avoisine les 9%.

Cependant, l’engouement sus­cité par la prestation de Paul Ryan, le colistier du ticket répu­blicain, a été éclipsé par le dis­cours énergique de l’ancien Pré­sident Bill Clinton la semaine suivante à la convention démo­crate de Charlotte en Caroline du Nord, cet autre État clé que les Démocrates avaient remporté contre toute attente en 2008.

Le sondage mené au compte de NBC, du Wall Street Journal et de Marist confirme la sensible remontée des Démocrates dans la majorité des swing states, à l’exception notable de la Caroline du Nord. Le sondage nous appre­nait que le ticket démocrate s’accrochait à une légère avance en Floride et en Virginie, en plus de se maintenir en tête en Ohio, un État qui a voté sans interrup­tion pour le candidat vainqueur depuis 1964. Une triple victoire, quoi qu’improbable, dans ces trois États assurerait non seule­ment à Barack Obama un deu­xième mandat, mais constitue­rait une rebuffade historique pour le Parti républicain.

Ainsi, à l’approche du dernier droit de la campagne présiden­tielle, les choses semblent se corser pour Mitt Romney, qui doit absolument mettre la main sur deux de ces trois États s’il entend l’emporter le 4 novembre prochain. Plus que tout, l’ancien Gouverneur du Massachusetts doit obligatoirement remporter l’État de Floride si l’Iowa et le Wisconsin, l’État de Paul Ryan, lui échappent.

Comme le fait remarquer Nia- Malika Henderson du Wash­ington Post, les Démocrates peuvent de leur côté se sauver avec la victoire en conservant le Colorado et le Nevada et en décrochant la victoire dans un seul de ces trois États pivots. L’initiative est donc toujours dans le camp du Président, qui peut s’appuyer sur sa décision particulièrement populaire au­près de l’électorat de la «Rusted belt» de procéder au sauve­tage de l’industrie automobile en 2008.

Au final, la réélection du Pré­sident Obama dépend de la vi­gueur de la reprise économique et de la création d’emplois aux États-Unis. Mais, au rythme où vont les choses, il est probable qu’il devienne le premier Pré­sident américain à se faire réé­lire malgré un taux de chômage supérieur à 8%.