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Alors que se déchirent les chefs d’État du monde au sujet de l’intervention militaire en Syrie, le président russe Vladimir Poutine a décidé de s’adresser directement à l’opinion publique américaine. Autopsie de cette campagne de relations publiques internationale.

Boris Proulx
@borisproulx

C’est maintenant chose faite : les États-Unis et la Russie se sont entendus sur une résolution diplomatique au problème syrien, sans toutefois exclure l’usage de la force armée dans le futur. Maintenant que les inspecteurs de l’ONU ont rapporté avoir des « preuves accablantes » de l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar Al-Assad, la question était désormais de savoir où tracer la « ligne rouge » , pour paraphraser le président américain Barack Obama, pour justifier l’intervention dans ce pays frontalier du Liban et de l’Irak. Le compromis trouvé avec la Russie : le Conseil de sécurité de l’ONU ( actuellement bloqué par la Russie ) pourrait intervenir militairement contre le régime de Bachar Al-Assad si le stock d’armes chimiques n’est pas démoli d’ici l’an prochain.

Mais pendant que se joue la valse diplomatique, les violences continuent. Bombardements, explosions et combats urbains sont d’ailleurs le pain quotidien des habitants de Damas, Alep et Homs… et des internautes du monde entier. De nombreuses images des combats sont diffusées sur les sites de partage de vidéos et sur différents médias sociaux. Dans cette guerre de l’image, difficile de bien départager ce qui est issu de la propagande de l’information brute.

Mais la bataille de l’information se joue aussi – et surtout – dans les médias officiels. Alors qu’aux États-Unis, Barack Obama faisait campagne auprès de l’opinion publique pour justifier une intervention militaire, le New-York Times a publié un texte plutôt inusité : un « message au peuple américain » signé par nul autre que le président de la Russie, Vladimir Poutine. Le propos est on ne peut plus clair : l’objectif est de convaincre l’opinion que l’intervention, qui « aiderait Al-Qaida et les groupes extrémistes », est une mauvaise idée.

« Nous étions face à face durant la guerre froide [ … ], mais c’est ensemble que nous avons vaincu les nazis ! », rappelle-t-il. En réponse à l’argument de « l’exception américaine », qui justifie en quelque sorte leur rôle de « gendarmes du monde », Poutine conclut son texte en précisant que les États-Unis, comme toute nation, « ne devraient pas se sentir exceptionnels ». Un conseil qui passe bien mal aux États-Unis.

En réponse à ce grand coup de diplomatie publique publié dans le New-York Times, la « réponse du peuple américain à Poutine », rédigée par l’éditorialiste Dana Milbank, a été publiée le lendemain. D’un ton ironique, Milbank demande : « Est-ce Edward Snowden qui vous a enseigné l’anglais ? ». En réponse au « vous n’êtes pas exceptionnels » de Poutine, l’éditorialiste rétorque que l’expérience américaine est unique, et que le pays est assez « exceptionnel » pour faire cavalier seul dans les relations internationales. « Si vous mettez en cause l’exception américaine, vous ne serez soutenu par aucun de nous, libéral ou conservateur, démocrate ou républicain, colombe ou faucon », avertit-il. À la lumière de l’accord passé entre les États-Unis et la Russie, est-il possible de croire que cette action de communication sans précédent de Vladimir Poutine a porté ses fruits, voire changé le cours de l’histoire ?


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