Demain s’ouvrira la deuxième conférence de paix internationale en vue d’une résolution politique du conflit en Syrie. Les représentants du régime syrien et de l’opposition en exil se réuniront à Montreux, en Suisse, afin de discuter de la transition politique dans le pays, telle que définie en juin 2012 à l’issue de la première conférence de paix à Genève.

 Yascha Wecker

Une feuille de route intitulée « le communiqué de Genève » prévoit l’établissement d’une entité gouvernementale de transition qui supervise des élections censées mettre le pays sur la voie de la démocratie.

En prévision de la conférence Genève II, le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid al-Muallem, avait présenté un projet de cessez-le-feu localisé à Alep. Sous l’impulsion de son allié russe, Damas avait ainsi cédé à la demande de la Coalition de l’opposition syrienne, qui en avait fait une condition pour sa participation à la conférence de paix. De plus, al-Muallem a promis des échanges de prisonniers et la mise en place de couloirs humanitaires. Ce signe de bonne volonté était censé préparer le terrain pour ces pourparlers importants. Mais que peut-on réellement espérer de cette conférence internationale qui doit mettre fin au conflit syrien?

 De grands espoirs

 Les attentes sont ambitieuses à l’égard de cette deuxième conférence de paix sur la Syrie. Les diplomates et dirigeants des grandes puissances ont répété à l’unisson que la voie politique était la seule issue à ce conflit violent. Selon le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, Genève II est une « mission d’espoir » et ne pas saisir cette opportunité pour mettre fin à un conflit ayant fait 130 000 morts et des millions de réfugiés et déplacés serait « impardonnable ».

C’est également la position défendue par le ministère des Affaires étrangères du Canada et son représentant John Baird, qui lui aussi participera à la conférence. Dans un récent communiqué de presse, il a souligné que « la seule façon de mettre fin à la crise syrienne est d’amener une transition politique pilotée par la Syrie. Le peuple syrien doit être persuadé qu’il a sa place dans une nouvelle société libre, démocratique et pluraliste ».

 Difficile entente

Pourtant, les deux camps commenceront les négociations avec des positions irréconciliables. Alors que le gouvernement syrien ne souhaite pas négocier avec des « terroristes » ou céder son pouvoir, l’opposition refuse que des membres du régime fassent partie d’un futur gouvernement de transition. Selon elle, une solution au conflit devrait se négocier sans le gouvernement Assad. En plus, différents groupes oppositionnels ont déjà annoncé qu’ils rejetteront tout accord éventuel négocié à Genève II, en prétendant représenter ainsi la volonté des combattants sur le terrain.

Tout dépend de l’issue des négociations de Genève II, qui s’annoncent fragiles et épineuses. Selon un article publié par Jérémie Labbé, analyste au International Peace Institute, de nombreux experts annoncent déjà l’échec des négociations. Mais selon lui, même si Genève II ne réussit pas à trouver une issue politique au conflit, elle permettra peut être de dégager un accord minimal pour s’attaquer à la situation humanitaire, qui est non seulement le plus grave corollaire du conflit, mais également un élément déstabilisateur pour toute la région.