Vendredi dernier, le premier cycle de négociations sur la Syrie à Montreux en Suisse a pris fin. Dans une atmosphère tendue, les délégations du gouvernement syrien et de l’opposition ont attaqué la crise humanitaire et la transition politique dans le pays, sans succès véritable. En attendant un deuxième tour de négociations, les deux partis restent campés sur leurs positions et l’espoir pour une transition politique dans le pays reste faible.

Yascha Wecker

Les pourparlers sur le bord du lac Léman en Suisse se sont terminés sans avancées importantes. À l’issue des négociations, la délégation du gouvernement syrien a accusé l’opposition d’immaturité, et les représentants des rebelles ont déploré le manque de volonté de la part du régime pour arrêter le déversement de sang. Le leader du Conseil national syrien, Ahmed Jarba, a renchéri en disant qu’il était difficile de discuter avec un régime qui tue des Syriens.

Les négociations, qui ont débuté le 22 janvier, se sont déroulées dans une atmosphère que les observateurs ont décrite comme « tendue ». Au début, les deux partis refusaient de se parler directement et l’envoyé spécial de l’ONU sur la Syrie, Lakhdar Brahimi a dû intervenir comme médiateur. Au cours des premiers jours des pourparlers, le gouvernement syrien avait même menacé de quitter la conférence à cause du manque de discussions « sérieuses ». De plus, l’objet même des négociations ne faisait pas consensus. Alors que l’opposition voulait parler de la transition politique dans le pays, les représentants du gouvernement syrien ont affirmé vouloir parler de terrorisme.

Pourtant, Lakhdar Brahimi a précisé en fin de négociations qu’il avait vu quelques points d’entente. Selon lui, les progrès sont lents, mais les deux côtés ont commencé à se parler, ce qui représente un bon point de départ. La conférence a notamment permis de s’entendre sur des cessez-le-feu localisés afin de permettre l’accès à des travailleurs humanitaires. Les deux partis ont également accepté d’utiliser le communiqué de Genève comme base pour les négociations.

Mais cette base n’est pas la même pour tous. L’opposition voit la future instance de transition comme une façon de mettre le président Bachar al-Assad à l’écart. Pendant de temps, le régime lui-même ne le considère que comme une mesure transitoire dirigée par le président actuel jusqu’aux prochaines élections, où Assad a l’intention de se présenter comme candidat.

Durant les négociations, les combats sur le terrain ont continué. Presque 2000 personnes ont trouvé la mort pendant que les diplomates se réunissaient à Montreux, selon des chiffres de l’AFP.

Les diplomates internationaux espèrent qu’avec le temps, les positions irréconciliables des deux partis pourront se rapprocher et qu’une solution politique pourra être trouvée à ce conflit qui a fait plus de 100 000 morts et 9.5 millions de déplacés. Le 10 février, le deuxième tour de négociations doit commencer.