Donner de la visibilité à ses travaux de recherche est une préoccupation constante pour les chercheurs, surtout en début de carrière. Un modèle de publication conçu hors des circuits des grands éditeurs de publications scientifiques peut permettre de répondre à ces préoccupations : la publication en libre accès.

Ce sujet a d’ailleurs fait l’objet d’une conférence annuelle, appelée OpenCon, qui a réuni durant trois jours de jeunes chercheurs et des professionnels intéressés par le thème. La conférence s’est articulée autour de panels de présentation de projets, d’ateliers d’information sur la mise en œuvre concrète du libre accès ou encore de conférences thématiques. La dernière édition a eu lieu à Washington en novembre 2016. Ma participation à cette conférence a été permise par la Bibliothèque de l’Université Laval qui offre chaque année une bourse à un étudiant, prenant en charge transport, logement et frais d’inscription à la conférence.

Qu’est-ce que le libre accès ?

Le concept du libre accès est assez simple à comprendre : il s’agit de donner au public un accès libre et gratuit aux ressources scientifiques en ligne tout en respectant les droits d’auteur. Ce mode de publication prend de l’ampleur et est de plus en plus soutenu par nombre d’institutions universitaires, comme la Bibliothèque de l’Université Laval. En effet, le modèle économique imposé par les grands éditeurs (Elsevier ou Springer) est devenu difficilement tenable compte tenu de l’augmentation des coûts des abonnements aux périodiques scientifiques, de la faible valeur du dollar canadien et dans certains cas des réductions budgétaires subies par les universités.

Pourquoi choisir la publication en libre accès ?

Le choix de la publication en libre accès peut se faire pour différentes raisons. Ainsi, il peut correspondre aux convictions du chercheur pour lequel le savoir doit être ouvert et accessible à tous et/ou être un choix stratégique de ce dernier pour donner plus d’impact à ses travaux de recherche.

En effet, des études montrent que les publications en libre accès sont plus citées et reprises que les travaux publiés dans des périodiques scientifiques à abonnement. Par ailleurs, afin de mesurer l’impact des publications scientifiques au-delà des modèles classiques de cotation, dont l’index H, d’autres outils ont été développés dont Impact Story (impactstory.org). La création d’un profil en ligne gratuit permet de montrer au chercheur l’impact qu’ont eu ses travaux en l’informant notamment des pays dans lesquels ces derniers ont été partagés, des mentions de ses travaux dans des billets de blogue ou des articles en ligne ou encore des tweets relayant son travail.

Il existe ainsi une multitude d’options offertes aux chercheurs dans le domaine du libre accès et il apparaît indispensable que ces derniers les connaissent afin de procéder à un choix éclairé lors du processus de publication de leurs travaux. Au sein de l’Université Laval, la Bibliothèque est un lieu d’expertise dans ce domaine auprès duquel il ne faut pas hésiter à demander conseil.

Saviez-vous que ?
  • Publier en libre accès ne veut pas dire renoncer à ses droits d’auteur. Les Creative Commons (creativecommons.fr) permettent de choisir votre licence sous la forme de contrat type : est-ce que les écrits pourront être modifiés ou non, ou encore faire l’objet d’une reproduction commerciale ?
  • L’auto-archivage est une bonne manière de rendre ses résultats de recherche libres d’accès. À l’Université Laval, il est possible d’utiliser le dépôt institutionnel créé par la bibliothèque (Corpus UL) pour auto-archiver articles, mémoires ou thèses.
  • De nombreuses revues publiant en accès libre existent. Il est possible de trouver un répertoire de ces dernières sur doaj.org (Directory of Open Access Journals).
  • Publier en libre accès n’équivaut pas forcément à renoncer aux revues scientifiques considérées comme les plus prestigieuses. Pour cela, il suffit d’utiliser l’interface Sherpa Romeo (sherpa.ac.uk/romeo) afin de comprendre rapidement et facilement les politiques de publications des revues payantes. Pour nombre d’entre elles, il sera possible de publier librement une version du manuscrit.

 

Collaboration spéciale

Claire Magnoux, doctorante en droit et récipiendaire de la bourse OpenCon 2016