Jeudi dernier, le gouvernement espagnol présentait son budget 2013 visant à sortir le pays de sa deuxième phase de récession en trois ans.

Pascale-Sophie Lacombe

«Un budget en temps de crise.» À l’issue du conseil des mi­nistres, Soraya Saenz de San­tamaria, porte-parole du parti conservateur espagnol, a cru bon de préciser qu’il s’agis­sait «d’un budget en temps de crise». En effet, le document in­troduit de drastiques mesures telles: une hausse de la taxe de vente et d’autres impôts, des coupes dans les régions, une réduction dans les allo­cations de chômage et d’aide sociale, ainsi qu’un gel d’em­bauche dans le domaine de la fonction publique.

Le but d’une pareille réforme est de rapporter au trésor plus de 150 milliards entre 2012 et 2014. En 2011, le déficit public de l’Espagne représentait 8,9% de son PIB. Le pays planifiait ré­duire ce chiffre à 6,3% en 2012, puis à 4,5 % en 2013.

«Le budget doit servir de levier pour surmonter la crise et faire revenir la confiance en l’Espagne», a indiqué le ministre du Budget, Cristobal Montoro. De plus, le projet aurait parmi ses principaux buts de stimuler la création d’emplois au pays, puisque l’Espagne est déten­trice du taux de chômage le plus élevé du monde industrialisé (24,63%).

59,3 milliards d’euros pour les banques

Durant la semaine du 24 sep­tembre, les banques espagnoles, fragilisées depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, ont vu leurs taux d’emprunts passer au-dessus de 6% sur 10 ans. En réaction, Mariano Rajoy a affirmé que si la situation res­tait sur cette voie, un plan de sauvetage global de l’Union Eu­ropéenne ou du Fond Monétaire International serait nécessaire. Un estimé dévoilé vendredi dernier évaluait le besoin des banques à 59,3 milliards d’euros pour faire face à la situation économique actuelle.

Une crise économique et sociale

Une série de manifestations contre la politique d’austérité de Rajoy colorait le paysage poli­tique au courant de la dernière semaine. Lors de celle du 24 septembre, des jeunes ont lancé des pierres aux barrages poli­ciers tandis que ces derniers ont riposté avec matraques et balles de caoutchouc. On compte une soixantaine de blessés.