Deux policiers, qui se trouvent en bordure de la route, se fraient un chemin à travers la circulation désordonnée. De loin, ils ont l’air de léviter sur un sol impalpable. C’est au détour d’une voiture qu’on s’aperçoit qu’ils chaussent des patins à roulettes.

La Brigade Roller est le nom du groupuscule de 19 policiers en patins à roulettes qui parcourent la voie publique parisienne. Ces patineurs sont sélectionnés selon leurs aptitudes physiques et techniques et ont un entraînement hebdomadaire supplémentaire. Si le Français lambda ne se formalise pas de sa présence au point de ne pas savoir que la Brigade existe, il en est autrement pour le Québécois au regard interloqué qui les voit circuler facilement à plus de 20 km/h.

Mise en place en 1998, la Brigade Roller sert d’abord à superviser les manifestations festives ou les événements sportifs. «Nous encadrons les randonnées à rollers qui ont lieu le vendredi soir et le dimanche après-midi. Nous avons aussi été présents lors de marathons», relate le Brigadier Chef Aguelos. En plus de leur mission de sécurisation et de proximité du public hors du cadre habituel de répression, leur présence dans les manifestations dites classiques demeure toutefois à l’étude. «Il faut s’assurer qu’on ne soit pas mis en danger», précise-t-il.

Cependant, cela n’élucide pas leur présence en plein jour de semaine dans le 2e arrondissement. Le Brigadier Chef Aguelos explique que ce sont les commissaires d’arrondissement dans le quartier des Halles et du Louvre qui ont demandé à avoir un effectif en patins. «Contrairement aux policiers à vélo, nous avons toujours les mains libres et nous n’avons pas à nous soucier de notre véhicule en cas d’intervention. Certains collègues ont arrêté des voitures avec le système de signalisation et l’usage d’un sifflet. Nous avons aussi une formation pour descendre dans le métro pour intervenir», témoigne le Brigadier Chef.

Ces policiers-à-tout-faire sont aussi quelques fois présents en zone touristique. Le hasard de leurs déplacements les amène à intervenir sur des vols à l’arraché. «L’avantage est que nous pouvons travailler sur de longues distances, contrairement aux policiers à pieds. Si la personne ayant commis un délit se met à courir, il nous est facile de la suivre. Et plus la distance est longue, plus la personne se fatigue, plus l’intervention sera facile», termine M. Aguelos. Après les voitures, les motos, les vélos, les chevaux, voici maintenant les patins pour policiers!