Les élections pour désigner le nouveau président de l’exécutif de l’UA se sont soldées par un match nul. Plusieurs attribuent cet échec au blocage du vote par l’Afrique du Sud et les États sous l’influence du leader régional. Suite à la destitution de  Dlamini-Zuma, retirée de la course à cause de sa défaite aux trois premiers tours, ses partisans se sont abstenus de voter au quatrième tour pour empêcher le Gabonais Jean Ping, seul en lice, de remporter la majorité des deux tiers exigée. Malgré le secret du vote, plusieurs faits laissent croire qu’il y ait encore eu une polarisation des voix autour des pays francophones, d’une part, et anglophones, de l’autre. De plus, l’entourage de Dlamini-Zuma est même allé jusqu’à accuser Jean Ping d’être « le candidat de la France ». Bref, un jeu d’alliances complexe divise le continent africain.

On peut donc penser que cette instabilité nuira aux efforts visant à renforcer l’institution, qui a subi un revers important dans la gestion du conflit en Libye. En effet, le plan pacifique de l’UA a été ignoré par l’OTAN, qui est intervenue militairement en Libye malgré l’opposition de l’organisation. Pour Jean Ping « l'Afrique a été humiliée, marginalisée », sentiment qui réunit les deux candidats dans la volonté d’affirmer plus fermement l’autorité de l’UA. Des problèmes de financement causés par les défauts de paiement de certains États membres freinent également l’organisation.

Finalement, on ne peut pas parler du sommet sans mentionner l’appui financier colossal de la Chine, qui a construit à ses frais le nouveau siège de l’UA, un investissement de 200 M$. De plus, le discours prononcé par Jia Qinglin lors du sommet, semé de sous-entendus, confirme la volonté de la Chine de s’imposer comme partenaire premier de l’Afrique autant dans son combat diplomatique contre l’ingérence occidentale qu’économiquement.