Le BVE organise chaque année des activités de découverte de la culture québécoise. Depuis maintenant trois ans, une centaine d’étudiants vont pêcher les petits poissons des chenaux à Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Nous sommes derrière le Pub universitaire où une centaine d’étudiants attendent. Il y a trop de Canada Goose dans le groupe pour que ce ne soit pas des étudiants étrangers.

En groupe de deux ou trois, les étudiants attendent en discutant tranquillement.

À 90 km de là, M. André Daigle du centre de pêche Le Rendez-Vous prépare les cabanes qui accueilleront bientôt les étudiants. Sous les cabanes, les poulamons vivent leurs vies sans réaliser que celles-ci s’achèveront le soir même dans un banc de neige avant de finir dans une soupe au pavillon Parent.

Une heure plus tard, en approchant de la rivière en autobus jaune, deux étudiants frottent la fenêtre de l’autobus afin de voir les nombreuses cabanes sur la glace : « Mais c’est l’usine ici, toutes ces cabanes, c’est pour les touristes », se dégoûte l’un avec l’approbation de son ami.

Ils sont rapidement corrigés par un Québécois présent : « Non, c’est ici le spot », leur répond-il.

« On est à Sainte-Anne-de-la-Pérade, sur la rivière gelée. Il y a plusieurs petites cabanes et les étudiants que nous avons amenés pêchent les poissons dans la rivière Sainte-Anne à travers du plancher et de la glace », explique Patrick Bissonnette, coordonnateur de l’activité.

En approchant de la cabane no. 5, les huit étudiants qui y sont affectés commencent à faire connaissance. Il y a une Congolaise et huit Français. Six Français et deux Bretons, pardon !

Les cabanes sont typiquement québécoises, mais ne dépaysent pas complètement les participants. En effet, la cabane no. 5 rappelle les résidences de l’Université Laval, environ du même format.

Les seules différences sont le plancher laissant voir l’eau et le vieux divan qui fait vraiment « asso du De Koninck ».

L’odeur, par contre, a tout de suite impressionné les étudiants. « Ça sent le poiscaille ! », lance Marie, une étudiante prête à pêcher. Qu’est-ce que ça sent réellement dans la cabane ? Le foie de porc des appâts ou le poisson ? Le débat fera rage jusqu’au coucher du soleil.

Une activité traditionnelle

Ce qui attire les étudiants étrangers à la pêche au poulamon, c’est avant tout le côté très typique de l’activité. « C’est pour leur faire découvrir différents aspects de la vie québécoise. Il n’est pas toujours facile pour les étudiants qui arrivent de sortir de la ville », explique M. Bissonnette, le sourire en coin.

La pêche sur glace est également une activité importante de la culture québécoise pour Julie Daigle, fille du propriétaire des lieux : « C’est une nouvelle expérience, quelque chose qu’on ne voit pas partout. C’est assez rare de pouvoir pêcher sur une rivière comme ça », explique-t-elle. « Ce qui est vraiment plaisant, c’est de faire découvrir la pêche à des gens qui n’ont jamais pêché. C’est très intéressant et on se renseigne aussi pour savoir c’est quoi et c’est comment la pêche par chez eux ».

Développer son réseau

En plus de découvrir le terroir québécois, le but de la journée est de créer un réseau social en sol québécois et de briser l’isolement vécu par de nombreux étudiants étrangers.

« Souvent, les gens arrivent et ils connaissent une ou deux personnes seulement. On leur permet de rencontrer d’autres personnes dans les petites cabanes. Toutes nos activités ont ce double objectif-là », relate M.  Bissonnette.

Geneviève Champoux, directrice du Bureau de la vie étudiante (BVE), abonde dans le même sens : « Une partie de notre mission est d’accompagner les étudiants, peu importe leur origine, dans leur intégration à l’Université Laval », précise-t-elle.

Lorsqu’ils vont pêcher les petits poissons des chenaux, les Québécois ont tendance à utiliser la pêche comme prétexte. Un prétexte pour boire et passer la journée entre amis. Les participants à la journée organisée par le BVE, en plus de faire connaissance, ont pêché jusqu’à la dernière seconde, remontant les lignes à contrecœur au moment où l’activité se terminait.

« C’est la seule fois qu’ils vont venir ici et c’est la seule fois qu’ils vont avoir la chance de le faire », fais remarquer M. Bissonnette. De fait, pour plusieurs, un billet d’avion sera nécessaire l’an prochain afin de taquiner le poulamon.

Entre temps, les étudiants savourent chaque moment de la journée. Unanimement, ils la déclarent un succès total.  Tous contents de leur journée, les étudiants repartent avec leurs poissons sous le bras, bien heureux de s’être senti, pour une journée, un peu plus québécois.