Le 11 décembre 2011, a vu le rassemblement estimé de 30 000 à 50 000 personnes à la Place Bolotnaya, nombre prodigieux en Russie où toute assemblée publique doit obtenir l’approbation des autorités sous forme de permis. Cette manifestation dénonçait les multiples cas de corruption et de fraudes électorales de Russie Unie, plus important parti du pays et perçu comme un instrument du Kremlin. En dépit du recours massif à la falsification de bulletins, le parti a connu un revers inattendu alors que le Parti Communiste récupérait une partie de ses points perdus.

2012 correspond donc à une année chargée sur l’agenda du Kremlin : en dehors des élections, la mise en application de tout un corps de politiques en dit long sur le regard que les Russes portent sur eux-mêmes. Le Président Medvedev, dans un effort de transparence, a décidé de donner un nouveau visage à la militsia, chargée de sécurité publique. Nombreux sont ceux qui dans la rue, continuent d’appeler les majors de l’organisme militarisé par le substantif tovarish, qui date de l’époque soviétique.

L’admission future de la Russie à l’OMC, après un marathon de près de 18 ans, doit encore être approuvée par la douma (parlement fédéral) dans les six mois à venir. De l’avis de plusieurs experts, l’économie russe, qui dépend étroitement de la vente d’hydrocarbures, nécessite de volumineuses injections de capitaux étrangers pour accomplir la modernisation sur laquelle Medvedev a fait campagne. Une meilleure intégration de la Russie pourrait permettre, selon le ministre des Finances, d’augmenter les recettes de l’état de dix milliards par an.