Les technologies de l’information jouent pour beaucoup sur le terrain lorsqu’il s’agit de la couverture d’un conflit. Et qui dit information dit aussi une possible désinformation

 

Tout récemment, un article du journal français Le Monde informait la population que le régime de l’actuel président syrien, Bachar Al-Assad, était en train de basculer comme les autres, et qu’il perdait ses appuis dans d’importantes villes comme Damas et Alep. On y disait que la bourgeoisie, issue des minorités chrétiennes et chiites du pays, commençait à se distancer de l’homme fort du régime. Pourtant, rien ne pourrait être plus faux sur le terrain.

 

En effet, la situation en Syrie n’a rien de semblable à celle en Libye comme tentent de démontrer les médias plus «mainstream». Le règne de la famille Al-Assad remonte au père de Bachar, Hafez, qui est issue du puissant parti baasiste syrien qui fut très populaire dans les années 60 et 70. Hafez Al-Assad, et par la suite son fils, ont réussi à garder le pouvoir toutes ces années car ils sont su ralliés à leur camp les minorités religieuses dans ce pays à grande majorité musulman sunnite. Appels d’offres frauduleux, pots-de-vin ainsi qu’un contrôle méticuleux de l’économie sont tous des moyens dont le régime a usé pour enrichir et maintenir les minorités heureuses qui elles, en retour, ont toujours démontré un support infaillible au gouvernement Al-Assad. Une chute du régime signifierait donc la fin du favoritisme à l’endroit de cette bourgeoisie, qui risque d’être fortement persécutée et qui pourrait même être contrainte à l’exil. Ce n’est certainement pas souhaitable pour leurs intérêts, et leur allégeance demeure donc très solide.

 

Ces articles paraissent donc à un moment où la guerre en Libye semble être gagnée et que les projecteurs se tournent sur la situation en Syrie. Du même coup, la France et les États-Unis, principaux acteurs dans l’intervention de l’OTAN en Libye commencent à hausser le ton face à Al-Assad. Même les Iraniens, fidèles alliés de Damas, commencent à discuter avec les représentants de l’opposition syrienne pour avoir des garanties sur l’approvisionnement en armes du Hezbollah libanais, dans le cas d’un éventuel changement de régime, selon ce qu’a pu apprendre le journal français «Le Figaro». 

 

La contestation quant à elle se poursuit de plus belle dans les villes pauvres du pays comme Homs et Hamaa, réels bastions de l’opposition anti-régime. Il demeure cependant que le président syrien a un contrôle toujours très ferme sur l’armée et la police à travers tout le pays, qui sont très bien entraînées et qui lui obéissent au doigt et à l’œil. Il ne faudra pas sous-estimer ses ressources pour écraser cette révolution et crier victoire trop vite.