L'année 2012 sera marquée en France par les élections présidentielles en avril et mai prochain. Tous les analystes et observateurs scrutent les tendances du président sortant, Nicolas Sarkozy, et de son principal opposant socialiste, François Hollande. À l'inverse, il n'y a que peu de papiers ou d'interviews de Patrick de Villenoisy, candidat à la course présidentielle pour le parti Alliance royale.

La monarchie comme solution à la crise

Le parti monarchique créé en 2001, compte près de 500 membres et une petite dizaine de conseillers municipaux. Alors qu'il existe deux candidats potentiels au poste de roi, le Comte de Paris et le Duc d'Anjou, ce parti a été mis en place pour aller au-delà du clivage dynastique et susciter une action politique commune entre les divers mouvements royalistes existants.
Pour Patrick de Villenoisy, il faudrait réformer les institutions de la Ve République. « Ce serait un régime novateur qui a pour base la Constitution de 1958 avec un roi à la place du président. » Pour le candidat royaliste, ce système a de nombreux avantages liés à « la pérennité » de la figure du roi. Ainsi, « le roi est une solution des plus efficaces pour agir contre l'économie, car il permettrait de supprimer l'incertitude. Ce qui serait très bénéfique au moment où on est de plus en plus dans la main des marchés ».

Autre changement que l'Alliance royale prône : la fin de l'État laïc, car il « a créé un vide, or la Nature n'aime pas cela », selon Patrick de Villenoisy. Cette vacuité serait à l'origine de la montée de l'islamisme, c'est pourquoi « il faut réoccuper le terrain » avec la création d'un État catholique. C'est là un bouleversement radical qui aurait un impact important sur de nombreux domaines de la société française, notamment dans l'Éducation.

Positionnée à droite de l'échiquier politique français, l'Alliance royale n'est pas le seul parti préconisant l'instauration d'une monarchie parlementaire, comme c'est déjà le cas dans sept pays européens (Grande-Bretagne, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas, Belgique, Danemark et Suède). La Nouvelle action royaliste (NAR) est ainsi beaucoup plus ancienne et l'un de ces fondateurs, Bernard Renouvin, a déjà siégé dans une des institutions de premier rang de la Ve République, le Conseil économique et social.

Un roi fonctionnaire

Apparue au début des années 1970, sous le nom de Nouvelle action française, la NAR a vu le jour en 1978. Après avoir échoué à la présidentielle de 1974 avec 0,17 % des suffrages exprimés, ce mouvement monarchiste soutient le socialiste François Mitterrand en 1981 et 1988. Ainsi, ce parti ne présente plus de candidat aux élections majeures depuis plusieurs années, car, d'après Bernard Renouvin, il « est écarté [du jeu politique] par des contraintes matérielles ». En cause, les coûts croissants pour mener à bien une campagne.

Malgré cela, cet ex-candidat présidentiel affirme que la NAR est « une petite organisation politique, mais a suffisamment de sympathisants pour payer des locaux et faire vivre un journal avec 35 ou 40 collaborateurs ». Pour ce qui est du régime à mettre en place, Bernard Renouvin, qui se définit lui-même comme « gaulliste de gauche », assure que « nous sommes dans une monarchie élective qu'il faut transformer en une monarchie parlementaire ». Avant d'ajouter : « Nous souhaitons une monarchie successorale et non héréditaire. Le roi serait donc un fonctionnaire de l'État, il n'hériterait pas d'un quelconque patrimoine. L'inverse serait horrible ».

Fervent défenseur de la laïcité, opposant au libéralisme économique, Bernard Renouvin et la NAR décidera en avril prochain de la consigne de vote qu'ils adopteront pour les présidentielles, et ce même si ce dernier reste plutôt pessimiste : « A moins d'une surprise, ça sera un coup pour rien. François Hollande va s'aligner sur l'Allemagne et il y aura une révolution sociale violente d'ici deux ans ».