Henry Paulson, secrétaire au trésor américain, affirme qu’il «prendra les moyens nécessaires» pour régler la crise financière. Effectivement, avec des mesures comme son Acte de stabilisation économique d’urgence (bail-out), le gouvernement américain ne lésine pas sur les moyens, comme le souligne la revue The Economist. Plus de 700 G $, échelonnés selon plusieurs modalités précises, serviront à garantir des prêts aux banques à risques. Le but? Stabiliser les institutions financières à risque de faillite et surtout, restaurer la confiance, à la base du système boursier et financier. Un des problèmes est que, dans le cadre de ce type d’interventions à si grande échelle, les banques nationales comme la Fed américaine ne disposent que de peu d’expérience, comme souligné par Paulson lui-même. Qui sait sans l’ombre d’un doute si, dans trois ou quatre ans, le problème sera réglé?

Mais l’immixtion gouvernementale est d’abord vue comme un blasphème pour bon nombre d’élus américains, formés à l’école néo-libérale. Les méthodes d’aide sont aussi controversées. Avec l’acte de stabilisation, c’est un paradoxe de l’ultra-libéralisme qui se révèle: au nom du libre marché, il y a eu déréglementations, et au nom de ce même principe, il y a réticence à vouloir régler le problème. Par exemple, lors de la première tentative avortée d’adoption du bail-out par le Sénat, le président autant que le Parti républicain incitaient leurs sénateurs à voter pour l’adoption; après le vote, stupeur est de constater que ce sont les républicains qui se sont le plus opposés à cette mesure, d’abord par respect de leurs électeurs, mais probablement aussi par idéologie, contre les interventions étatiques.