Primaires républicaines 
Les Américains étaient rivés à leurs téléviseurs mardi dernier pour connaitre qui des quatre candidats à l’investiture républicaine allait sortir gagnant du Super Tuesday. 

Philippe C. Martine

Les militants du Grand Old Party étaient appelés à cette occasion à voter dans dix États américains pour 417 des 2286 délégués qui participeront à la convention du Parti républicain à Tampa Bay les 27 et 30 août prochain. Ces délégués devront alors choisir le candidat républicain qui affrontera le président Barack Obama à l’élection présidentielle de 2012. 

Les observateurs se sont particulièrement intéressés à la chaude lutte que se sont livrée Mitt Romney, l’ex-gouverneur du Massachusetts, et son plus coriace adversaire, l’ex-sénateur de Pennsylvanie Rick Santorum, dans les États du Tennessee (58 délégués) et de l’Ohio (66 délégués).  

Au terme d’une soirée chaudement disputée, c’est Mitt Romney qui a raflé la mise en mettant la main sur six des dix États en jeu et en faisant le plein de délégués. Il aura toutefois fallu attendre le dépouillement des dernières boîtes de scrutin pour connaitre le vainqueur de la primaire de l’Ohio, que Romney a remportée avec une avance de moins de 1 %. 

Cependant, en laissant filer les États du Tennessee et de Géorgie aux mains de Rick Santorum et de Newt Gingrich, Mitt Romney a raté une occasion en or de sceller l’issue des primaires républicaines et d’obtenir son billet vers les présidentielles de 2012. 

Pour sa part, Rick Santorum peut se vanter d’avoir remporté une victoire morale en Ohio, où il a réussi à se maintenir au coude à coude avec Mitt Romney malgré ses moyens limités et une organisation déficiente à plusieurs égards. Même s’il tire toujours de l’arrière, sa campagne pourrait trouver un second souffle si Newt Gingrich annonçait son retrait de la course, ce qui permettrait à Santorum de coaliser le vote conservateur. D’ici là, son défi sera de gagner l’une des deux primaires du Deep South et de mettre la main sur les 69 délégués d’Illinois le 20 mars prochain. 

Cela étant dit, l’affrontement Romney-Santorum met surtout en lumière le fossé qui sépare les deux courants dominants du Parti républicain. Les partisans du social conservatism, qui regroupent les membres du Tea Party et les évangélistes du sud et de l’ouest des États-Unis, doutent de la sincérité du conservatisme de Mitt Romney ; l’Obamacare n’est-il pas inspiré du Romneycare, une réforme de santé introduite au Massachusetts alors que Mitt Romney était gouverneur de l’État ? De ce fait, Mitt Romney aura fort à faire pour convaincre ses détracteurs qu’il est suffisamment conservateur pour briguer l’investiture républicaine.