Le mois de janvier aura été un mois décisif pour le Niger. Après les élections locales pluralistes le 11 janvier dernier, l’occasion n’a pas été manquée d’un retour à la démocratie civile.

Le général Salou Djibou a été salué par le peuple nigérien alors qu’il a rendu, en l’espace d’une année, le pouvoir aux civils. Il avait, avec un groupe de mutins, renversé le président Mamadou Tandja en février 2010 alors que ce dernier prévoyait rester en poste malgré la limite constitutionnelle atteinte de 2 mandats à titre de président. Ayant rencontré le rejet de l’Assemblée et de la cour constitutionnelle, il avait dissout l’assemblée et prévoyait la tenue d’un référendum sur la question. Djibou, devenu l’homme fort de l’État, n’a étonnamment pas été critiqué, ni par l’Union Africaine ni par les Nations Unies, ce qui laisse concevoir une relation «à deux vitesses» avec les régimes militaires.

Les 6,7 millions d’inscrits auront dû attendre jusqu’au dernier instant avant d’avoir la confirmation de la date du premier tour des présidentielles. Les candidats du scrutin proposaient le report du scrutin de trois semaines mais le général Djibou a tout fait pour maintenir l’échéance du 31 janvier. Il a, outre les médiations avec les candidats, octroyé 1,5 milliards de francs CFA (3,1 millions de dollars canadiens) à l’organisme chargé des élections et a mobilisé un avion des forces armées afin que le matériel soit transféré à temps aux régions les plus isolées.

Le deuxième tour est prévu le 12 mars prochain et verra l’élection d’un président élu pour un mandat de 4 ans. Qui que soit le gagnant du deuxième scrutin, la preuve sera faite qu’il devra s’en tenir à la constitution et partir après deux mandats.