L’Inde a entamé lundi 7 avril un véritable marathon électoral. Pas moins de 814 millions d’électeurs se rendront dans l’un des 930 000 bureaux de vote pendant les cinq prochaines semaines pour élire les 543 députés qui siègeront à la Chambre basse. Le plus important scrutin jamais organisé dans le monde.

Margaud Castadère-Ayçoberry @MargaudCastAyco

L’Inde s’engage, lundi 7 avril, dans un long et complexe processus électoral. La plus grande démocratie du monde doit élire les 543 députés de son Parlement. Ce n’est que le 28 mai, à l’issue d’un scrutin en neuf étapes s’étalant sur cinq semaines, que les électeurs indiens connaîtront leur premier ministre.

Les électeurs ne votent qu’une fois, directement pour leur candidat favori. Le système de scrutin indien est uninominal à un tour. Les 29 États de l’Inde sont divisés en 543 circonscriptions électorales, soit autant de sièges que compte la Chambre basse du Parlement. Pour être élu, le premier ministre doit obtenir la majorité absolue, soit 272 sièges. S’il n’y arrive pas, le parti arrivé en tête des élections doit fonder des alliances avec de plus petits partis régionaux. Le premier ministre indien est élu pour cinq ans.

Un duel au sommet

Deux grandes figures de la politique indienne s’affrontent lors de ces élections législatives. D’un côté, Narenda Modi, le chef du parti nationaliste hindou – Bharatiya Janata Party (BJP). De l’autre, Rahul Gandhi, héritier d’une dynastie politique à la tête du Parti du Congrès, au pouvoir depuis dix ans. Il a mis au cœur de sa campagne la promesse de sortir des millions d’Indiens de la pauvreté. Il souhaite également réformer le système d’éducation, en ouvrant les portes des écoles et des universités aux tranches plus modestes de la société.

Mais les sondages lui prévoient une défaite cinglante. En cause : son manque d’expérience, mais aussi le mécontentement grandissant de la population indienne face à une économie au ralenti, une inflation en hausse et une série de scandales de corruption qui visent le parti au pouvoir.

Le BJP, mené par Narenda Modi, est pour le moment donné favori du scrutin. Ce dernier se présente comme un réformiste capable de relancer l’économie et de créer des emplois. Il doit toutefois faire face à des accusations le soupçonnant d’avoir laissé dégénérer des émeutes religieuses dans son État en 2002, qui ont coûté la vie à plus de 1 000 personnes, principalement des musulmans.

Mais Narenda Modi risque de ne pas obtenir la majorité au sein du Parlement. Si aucune majorité claire ne se dégage lors des résultats attendus le 16 mai prochain, le BJP devra former une coalition avec des partis régionaux. Ces négociations peuvent durer plusieurs jours ou semaines.