Depuis le 1er janvier 2010, plus de 8000 Roms (nom qui signifie pour eux «êtres humains»), sans-papiers et historiquement démunis, ont été reconduits par la France dans leur pays d’origine, pour la plupart la Roumanie ou la Bulgarie. Malgré les contestations de divers ONG et de l’Église, Sarkozy maintient sa position et a ordonné le démantèlement de campements illicites de Roms. Pourtant, la liberté de circulation est un principe important pour l’Union européenne (UE). En effet, tous les citoyens des pays de l’UE ont le droit de circuler à travers leurs frontières sans formalités, mais sous certaines conditions. Ainsi, après trois mois, ils doivent  prouver leur autonomie financière, sinon ils sont contraints à retourner au pays où ils ont leur citoyenneté. La France leur donne alors une aide de financière de retour de 300 euros par adulte et 100 euros par enfant. Souvent, pourtant, ils reviennent en France et le processus recommence. La Roumanie et la Bulgarie ont intégré l’UE en 2007 et de plus en plus de Roms partent vers la France pour avoir de meilleures conditions de vie.

Un problème qui dure
«Durant le communisme, le régime a essayé de les assimiler, parfois avec des abus», explique Cristina Artenie, journaliste roumaine et experte dans le droit des minorités. «Toutes les familles avaient des logements, des emplois. Par exemple, en Roumanie, les programmes d’aide aux Roms n’ont pas fonctionné car ils n’étaient pas adaptés à leur mode de vie nomade. Ce n’est pas facile d’accomoder des cultures comme ça», complète-t-elle, en ajoutant que le problème de l’intégration des Roms n’est pas seulement propre à la France, mais il est commun à toute la Communauté européenne. Elle croit aussi que «si l'on admet que les Roms constituent la minorité la plus démunie en Europe en ce moment, il faudrait qu’il y ait des lois dans tous les pays pour que si un employeur embauche un Roms, il [soit] gagnant.»  Dans une entrevue accordée au Figaro, Virginie Guiraudon, chercheuse au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et spécialiste des questions d'intégration européenne, pense que « l’Europe remplit sa part du travail mais [que] la mise en œuvre concrète de ces politiques [d’intégration] revient aux États. C'est une affaire de volonté politique de leur part.»

L'avenir des Roms
Une résolution a été votée par le Parlement européen le 9 septembre dernier demandant de «suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms». Malgré les critiques ardentes, Éric Besson, qui est ministre de l’Immigration, s’oppose à cette idée et désire poursuivre l’opération de «retours volontaires». Quoi qu’il en soit, une entente est nécessaire concernant le sort des Roms. Même si la plupart provient de la Roumanie, il ne faut pas laisser le problème à ce pays. À l’origine, les Roms viennent de l’Inde, mais n’ont pas de mère patrie, selon Mme Artenie.  Le gouvernement roumain a des problèmes financiers et a réduit le budget des pensions de vieillesse. Une coopération européenne est donc nécessaire pour atténuer le problème lié aux minorités. « Il faut faire des programmes d’aide pendant des années, même des décennies. Il faut être consistant, dédié et honnête», conclue-t-elle.