Moustapha Abdeljalil, ancien ministre de la justice sous Qaddafi, est la figure dominante du CNT. Il affirme vouloir baser le nouveau régime sur un islam modéré, sans extrémisme. Cette proposition politiquement ambigüe se prête à interprétation. Le CNT a pour mandat de représenter le peuple libyen et de préparer des élections. Son «  premier ministre » et représentant diplomatique est Mahmoud Jibril, un politicien éduqué aux États-Unis et ex-ministre du développement économique sous Qaddafi à partir de 2007. Le Conseil comprend également des représentants des grandes villes libyennes.

Le conflit lui-même n’est pas terminé. Quelques poches de résistance demeurent encore, entre autres dans la région de Syrte, d’où Qaddafi provient. Le dictateur déchu est introuvable, mais il a le 13 septembre émis un message enjoignant ses fidèles à continuer le combat et disant qu’il se trouvait encore au pays. Ses fils sont dispersés en Libye et dans les pays environnants.

Les combats ont donné lieu à de nombreuses exactions de part et d’autre. Selon Amnesty International, les rebelles eux-mêmes tendent à minimiser ou à nier les exécutions sommaires et tortures dont ils se sont rendus coupables. L’assassinat du chef militaire des rebelles, Abdul Fattah Younes, ancien ministre de l’Intérieur sous Qaddafi, reste inexpliqué à ce jour et pose des doutes sérieux sur la solidité des alliances au sein du front révolutionnaire.

Si l’incertitude demeure quant aux contours du gouvernement à venir, il s’avère néanmoins que les acteurs politiques les mieux organisés appartiennent aux mouvances islamistes. Ali Al-Sallabi, un leader charismatique qui a joué un rôle crucial dans les manifestations, est vu comme un joueur d’envergure. Selon le New York Times, plusieurs milices islamistes ont combattu contre les troupes de Qaddafi grâce à des armes et à des fonds venus du Qatar. Tous déclarent vouloir respecter la volonté populaire. Les termes du contrat, bref, ne sont pas encore figés.

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