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Après deux ans de guerre civile en Syrie, le régime de Bachar Al-Assad semble plus isolé que jamais. Devant les accusations d’utilisation d’armes chimiques contre sa propre population, la question de l’intervention des États-Unis et de la France est sur toutes les lèvres. Subsiste quand même un allié fidèle au gouvernement syrien : la Russie de Vladimir Poutine.

Boris Proulx

«Nos liens avec les États-Unis ne sont pas au niveau de la guerre froide… pour l’instant. » Tel est l’avertissement de l’ambassadeur russe aux États-Unis, Sergey Kislyak, cité par CNN. Les deux superpuissances qui ont polarisé le monde pendant la seconde moitié du XXe siècle risquent-elles de reprendre les hostilités du passé sur le territoire syrien ? Utilisant son veto au Conseil de sécurité des Nations unies pour bloquer toute résolution contre la Syrie, Moscou semble faire bande à part dans la communauté internationale. Qu’est-ce qui justifie cette attitude soudainement hostile envers l’Occident, alors justement que le rapprochement russo-américain allait bon train depuis la dernière décennie ? Derrière cette campagne de diplomatie publique relayée par les médias du monde se cachent des intérêts nationaux bel et bien réels : la Russie, pour qui l’exportation d’armes est un secteur clé de l’économie, ne peut se passer d’un aussi bon client que la Syrie.

Déjà dans les années 1980, le président de l’URSS Leonid Brejnev avait conclu un traité de coopération militaire avec la Syrie, dirigée à l’époque par Hafez Al-Assad, père du président actuel Bachar Al-Assad. Le traité « d’amitié et de coopération » devait donner lieu à une collaboration militaire étroite pour les 20 ans à venir. Mais l’arrivée au pouvoir de Mikhail Gorbatchev à la fin des années 1980, alors que l’URSS est au bord de l’éclatement, change la donne. Les Soviétiques demandent à ce que Damas paie son importante dette accumulée auprès de l’URSS. Résultat : la Syrie se retourne contre son ancien allié, et tisse des liens avec les États-Unis. Le pays va même jusqu’à participer à la guerre du Golfe, en 1990, aux côtés des Américains.

Mais avec l’arrivée en Syrie du président Bachar Al-Assad, en remplacement de son père, de nouveaux accords relancent la collaboration russo-syrienne. Le président Vladimir Poutine pardonne bien à Damas son égarement passager, et repasse des accords militaires avec la Syrie dans les années 2000. Le marché est le suivant : la Russie a accepté d’oublier les trois quarts de la dette qu’a contractée la Syrie à l’époque de l’Union soviétique ( elle a annulé pour près de 9,6 milliards des 13,4 milliards de dollars de la dette initiale ), en échange de lucratifs contrats d’armements. De plus, la Russie garde sa seule et unique base navale méditerranéenne, qui est installée dans la ville de Tartous en Syrie. Située à 30 km de la frontière avec le Liban et à 160 km de la Capitale, Damas, la station balnéaire syrienne est ainsi l’hôte du seul complexe militaire russe situé à l’extérieur de l’ancienne Union soviétique.

Il reste à voir si les frappes américaines prévues prochainement vont envenimer davantage les relations entre les États-Unis et la Russie, ou si cette dernière va plutôt adopter une attitude d’indignation passive comme la Chine depuis le début du conflit. Les Américains doivent désormais mesurer l’envergure de leur action dans une région grandement instable. Le mot d’ordre de la future opération militaire américaine en Syrie : ne pas répéter les erreurs de l’Irak. « Être précis dans notre ciblage, limité dans notre engagement pour justement ne pas se retrouver entraînés dedans », a ainsi expliqué le secrétaire général de la Maison-Blanche Denis McDonough au réseau CNN.


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