Barack Obama et Mitt Romney ont terminé une série de débats, lundi soir, avec un échange animé autour de la place que les États-Unis doivent prendre dans le monde, à deux semaines d’un vote qui s’annonce très serré, les derniers sondages les donnant à égalité.

 Pierre-Yves Robert

Dans un débat où chaque candidat avait à exposer les principaux risques de sécurité pour leur pays, Barack Obama a continué ce qu’il avait commencé la semaine dernière, passant à l’offense tout au long de la soirée et lacérant un rival aux politiques « mauvaises et téméraires ». Bien que moins agressif, Mitt Romney repoussa ces attaques, accusant le président de manquer à voir aux intérêts et valeurs américaines en négociant avec une « marée montante de chaos ».

Sur la sécurité, le président a estimé que la plus grande menace envers les États-Unis sont « les réseaux terroristes », alors que pour Mitt Romney, il s’agit plutôt d’un Iran en possession de la bombe nucléaire. Quelques échanges plus tôt, Mitt Romney rangeait la Russie au premier rang des ennemis géopolitiques du pays. « Les années 80 appellent pour demander le retour de leur politique étrangère », claqua immédiatement Obama, dans une de ses nombreuses tirades gagnantes de la soirée.

Le sujet iranien fut néanmoins celui où les échanges s’animèrent le plus. « Tant que je suis président, l’Iran n’aura pas la bombe nucléaire », a lancé le candidat démocrate, considérant que les sanctions envers l’Iran mettent l’économie de ce dernier à genoux. Critiquant cette vision des faits, Mitt Romney en profita pour répliquer que sous le mandat d’Obama, les ennemis des États-Unis ont plutôt vus « des faiblesses là où ils attendaient trouver de la puissance américaine », et que le pays avait perdu de son influence depuis quatre ans.

« Vous avez eu tort »

Pendant le débat, le président a défendu son bilan diplomatique et militaire, rappelant qu’il avait organisé le retrait d’Irak et abattu Oussama Ben Laden. « Cela valait le coût de remuer ciel et terre pour obtenir (Ben Laden) », a conclu l’ancien lauréat du prix Nobel de la paix, répondant aux questionnements soulevés par Romney sur l’effort de guerre envers Ben Laden, et sur l’agitation générale au Moyen-Orient. Cherchant à déployer une image plus présidentielle que combative, histoire de poursuivre la relance de sa campagne entamée le soir du premier débat, le candidat républicain a plutôt estimé que « nous ne pouvons pas régler les problèmes en tuant. Nous devons mettre en place une stratégie pour aider la région à rejeter ce type d’extrémisme », sans toutefois élaborer davantage.

L’attitude d’Obama fut assez directe toute la soirée. « Chaque fois que vous (Romney) avait exprimé une opinion, vous avez eu tort ». « Une chose que j’ai apprise en tant que commandant en chef est d’être clair, avec nos ennemis et avec nos alliés », a-t-il ajouté, jugeant que ses décisions n’ont pas été faciles, mais néanmoins nécessaires. « M’attaquer personnellement n’est pas un agenda politique », a rappelé avec justesse le candidat républicain au président sortant.