Dimanche, la première ministre sortante du Bangladesh Sheikh Hasina a porté serment de pouvoir à la tête de son gouvernement pour les cinq prochaines années. Cette dernière a été élue avec 80 % des sièges gagnés au Parlement, faute d’adversaires dans nombre de circoriptions. Son parti, l’Awali League et ses alliés, est critiqué sévèrement par le Parti de l’opposition depuis des mois et représente un symbole de contestation sociale dans le pays. Depuis, la communauté internationale et le Parti de l’opposition et sa chef Khaleda Zia ont appelé la première ministre à organiser des nouvelles élections législatives.

Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, l’opposition conduite par le Bangladesh Nationalist Party (BNP) réclame que les élections soient organisées par un gouvernement neutre et provisoire pour assurer la transparence du scrutin comme cela est fait traditionnellement, mais le pouvoir a refusé continuellement.

Des pressions de la communauté internationale

La diplomatie américaine a exprimé sa « déception », réclamé un nouveau scrutin « crédible », et demandé que les partis s’engagent dans un dialogue immédiat pour trouver un moyen de faire des élections libres, pacifiques, et crédibles, appuyant les demandes de l’opposition. Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, a demandé aux deux partis de négocier afin de créer un processus politique inclusif.

2013, une année de violence

Depuis 1971, année où le pays s’est séparé du Pakistan, 2013 a été l’année la plus sanglante. Les médias rapportent des bilans de 150 à 500 morts reliés à des contestations politiques, des émeutes ou des manifestations. Durant les élections, des groupes extrémistes associés à l’opposition ont bloqué des routes et des chemins de fer, et plus de 500 écoles ont été attaquées parce qu’elles étaient transformées en postes de scrutin.

Des contestations sociales du secteur du textile

Depuis quelque temps, des agitations secouent les masses ouvrières qui demandent des meilleures conditions et des meilleurs salaires à leurs employeurs et au gouvernement. L’opposition utilise stratégiquement cette contestation en appelant les ouvriers à prendre la rue et à manifester. Le Bangladesh est le deuxième exportateur mondial de textile
derrière la Chine et est le 8e pays le plus peuplé au monde avec 154 millions d’habitants. Des grèves ont perduré en décembre dans les usines et il y est fort à parier que ces tensions ouvrières ne sont pas près de finir. La police n’hésite pas à ouvrir le feu sur les foules et des histoires horribles comme celle de cette femme qui a été tuée par la police lors d’une manifestation de travailleurs de la chaussure sont rapportées.