Le lauréat, artisan des manifestations de la place Tienanmen et auteur d’un document nommé Charte 08, avait été inculpé en 2009 pour avoir «incité à la subversion du pouvoir de l’État» et est incarcéré pour 11 ans.

Le document qu’il s’apprêtait à lancer avant son arrestation appelait à une réforme du système politique en prévoyant une meilleure garantie pour les droits de l’Homme, plus de libertés civiques ainsi qu’une vraie séparation des pouvoirs politiques.

La remise du Nobel à Liu a poussé The Economist à rappeler un débat qui fait toujours rage entre la Chine et l’Occident au sujet des «valeurs universelles». Alors que la Chine pourrait comprendre le choix du comité Nobel comme une attaque contre l’État chinois, la rupture entre la perception des valeurs de liberté, d’égalité et de démocratie.

Les termes «valeurs universelles» ont été à la source d’un débat interne en Chine, où les dissidents appellent à un virage démocratique, histoire de «rejoindre l’ensemble de la civilisation», aux dires du document Charte 08.

Certaines célébrations du Nobel de Liu ont cependant été coupées bien court par le régime: la police a arrêté des activistes, dont une dame ayant renversé du champagne sur un agent de sécurité. De plus, la femme du nobélisé a aussi été placée en résidence surveillée.