Lors d’une rencontre au Caire, les pays de la Ligue arabe ont convenu d’accorder un mois supplémentaire à leur mission d’observation, qui prenait fin le 19 janvier. La mission était dirigée par Mohamed Al-Dabi, un général soudanais accusé d’avoir été responsable de la création des milices janjaweed, coupables d’exactions au Darfour. Le 11 janvier, l’un des observateurs, Anwar Malek, d’Algérie, a démissionné en qualifiant la mission de « farce », et disant que l’armée syrienne essayait à peine de dissimuler ses agissements. 
 
Selon l’ambassadrice américaine aux Nations Unies, Susan Rice, la Syrie a carrément accéléré le rythme des meurtres depuis l’arrivée de la mission d’observation. Le bilan total des morts s’élève à environ 5000 morts, surtout des civils, depuis le début des troubles en mars dernier, selon les Nations Unies. La Syrie fait l’objet de sanctions économiques de la part de l’Union européenne et d’autres pays occidentaux, mais l’opposition russe et chinoise empêche le Conseil de Sécurité des Nations Unies de prendre des résolutions condamnant les exactions commises. 
 
L’émir du Qatar a récemment appelé à une intervention arabe armée en Syrie pour mettre fin aux violences. Néanmoins, ce scénario apparaît très improbable, vu le peu d’impact de la mission d’observation, et vu l’extrême sensibilité politique d’une  telle intervention. Qui plus est, une intervention aérienne comme en Libye est impossible, car les combats ont lieu dans des zones urbaines densément peuplées. L’information émanant du pays pointe vers une guerre civile déjà commencée, et la possibilité d’affrontements interconfessionnels sanglants. La chute de Bashar Al-Assad est inévitable; le quand et surtout le comment demeurent des variables inconnues.