Depuis 1987, Impact Campus, c’est une succession de groupes d’étudiant.e.s qui se donnent corps et âme pour créer chaque semaine un journal à la hauteur de vos attentes. Nous avons laissé nos prédécesseurs vous faire part de leur expérience respective.

Nous étions prêts

Par Valérie Gaudreau
Rédactrice en chef, Journal Le Soleil
Chef de pupitre aux Actualités d’Impact Campus 2002-2003

Lundi 14 avril 2003. Je me souviens parfaitement ce que je faisais en ce soir d’élection provinciale qui allait porter le Parti libéral de Jean Charest au pouvoir. J’étais avec les copains dans la salle de rédaction d’Impact Campus à attendre les résultats du scrutin. Charest et ses troupes avaient mené leur campagne sous le thème «Nous sommes prêts». Eh bien, nous aussi, on était prêts.

Le journal était bouclé, prêt à l’impression, sauf trois pages. La Une, deux et la trois. Restées ouvertes pour y inclure le résultat de l’élection en toute fin de soirée. Comme les autres médias, les «vrais», les «médias-pas-étudiants», nous allions livrer en kiosque dès le lendemain matin un journal tout frais avec les résultats à jour.

Près de 16 ans plus tard, j’ai un souvenir précis de cette soirée et de cette Une avec la manchette «Étiez-vous prêts ?». Avec une photo de Jean Charest, façon Andy Warhol. Pourquoi la touche pop art ? Difficile à dire. Un dada, sans doute. Mais tout a marché. Nous étions «sur la coche» avec les résultats à jour. Quelle fierté !

Fierté pour un hebdo étudiant qui jouait dans la cour des grands.

J’ignorais à ce moment qu’à peine deux mois plus tard, j’allais entrer au Soleil par l’entremise d’un stage d’été pour y faire ma carrière. Au reportage de la section des actualités générales, puis au pupitre et, de 2011 à 2016, à suivre l’énergique maire Régis Labeaume quotidiennement aux affaires municipales. Puis, un saut comme «boss» avec la direction de l’information en 2017 jusqu’à ma nomination comme rédactrice en chef en juin 2018.

Oui, tout ce parcours dans le quotidien de la capitale, je l’ignorais encore.

Mais ce que je savais par contre, est combien Impact Campus m’a aidé à devenir la journaliste que je suis.

La vraie vie

Car Impact Campus a beau être un média étudiant, y travailler est plus qu’une école. C’est dès le départ se confronter à la vraie vie de journaliste. Être lue, diffusée, critiquée. Avoir des comptes à rendre et une éthique journalistique à respecter. Je l’avais appris tout au long de mon parcours en communication publique, profil journalisme. Lors de mon passage à L’Exemplaire, aussi, pendant lequel, à l’hiver 2002 j’avais eu la chance d’être sélectionnée pour un stage à la Tribune de la presse de l’Assemblée nationale et bénéficier d’une expérience exceptionnelle.

Mais passer à Impact Campus, c’était aussi vivre la réalité d’une entreprise de presse. Avec sa réalité financière, ses annonceurs, une «shop» à faire rouler, une équipe à diriger. Des gens provenant de tous les horizons, des personnalités différentes, des enjeux qui n’intéressent pas spontanément tous les collaborateurs, mais qu’il fallait couvrir.

Tout ça m’a formidablement préparée à mon passage au Soleil. Impact Campus m’a confirmé l’importance de la démarche et de la rigueur journalistique. Il a aussi fait naître chez moi un intérêt certain pour la gestion d’une équipe. Et Dieu sait que j’étais alors loin de m’imaginer un jour diriger Le Soleil !

Quand je suis devenue rédactrice en chef du Soleil, 15 ans après mon passage à Impact, j’ai repensé à ses années. À cette soirée d’avril 2003. Et je pense que, malgré encore bien des croûtes à manger dans la vie de journaliste professionnelle, j’étais prête. Comme Charest pis sa gang. Ou en tous cas, le passage à Impact m’a largement aidé à l’être.

Ce média, peu importe le format qu’il adopte, a toujours été et restera une formidable pépinière de talents journalistiques. Il continuera à susciter des vocations chez les journalistes de demain malgré la tempête que vit actuellement la presse écrite.

Longue vie à Impact Campus, essentiel à la vie étudiante et à la démocratie !