Le printemps est arrivé tôt et tout d’un coup! Pour la première fois de l’année, la rue SaintJoseph retrouve sa vitalité après de longs mois d’hibernation. La ville froide s’est couchée à 20h00 pendant tout l’hiver et dès aujourd’hui, elle pourra aller au lit une heure plus tard! Le passage du rouge à l’orange lui fait vivre un automne à l’envers et espérons que le jaune et le vert ne lui tarde pas trop.

Par Laurent Lacaille-Roy, journaliste collaborateur

Déjà, la bonne humeur illumine les visages des passants qui circulent sur la fameuse artère culturelle du secteur Basse-ville. Cafés et restaurants célèbrent le retour de leur salle à manger avec la complicité des étudiant.es qui termineront leur session ailleurs qu’entre les quatre murs de leur appartement. Le grand jeu du service aux tables reprend de plus belle et serveurs, baristas et clients s’y prêtent avec bonne volonté.

À l’extérieur, la neige fond et son ruissellement se mêle à la rumeur de la foule qui s’intensifie. Sur le trottoir ensoleillé, les petites jasettes de quartier s’interrompent et tous les regards se tournent vers l’est. 8 mars 2021, journée d’avenir parce que c’est avant tout la Journée internationale des droits des femmes. Ici même et partout dans le monde, des manifestations. Les femmes s’unissent pour marcher ensemble dans la rue.

« À qui la rue ? À nous la rue! »

Chantent-elles en passant devant l’Impérial. Leurs cris de ralliement rassembleurs couvrent le pouet-pouet des sirènes de police escortant la marche qui à débuté devant l’église Saint-Roch. Masquées et distanciées, les militantes appliquent une teinte solennelle à cette journée. L’une d’entre elles bat la mesure sur un teueikan et le rythme ancestral du tambour fait en peau de caribou recouvre l’instant d’une magie presque insaisissable.

« Toutes les femmes en moi sont fatiguées pis en beau cr*** ! »

« L’égalité, ça c’est chouette. »

Peut-on lire sur des pancartes colorées brandies bien haut et fièrement par les manifestantes. Hommes et femmes leurs lancent des regards de sympathie et la manifestation non-mixte prend fin à l’intersection de la rue Saint-Vallier dans le quartier Saint-Sauveur.

Ce que l’avenir a à dire de cette journée, c’est qu’elle est belle. Les premiers jours de ce printemps portent un doux vent de changement alors qu’à la même période l’année dernière, tout s’était arrêté brusquement. Maintenant, la marche se poursuit et appelle déjà au lendemain. L’avenir est à la porte, à nous de le suivre. En l’attendant, on peut toujours l’épier par le trou de la serrure.