Par Shana Paquette

Et le jour viendra où nos sourires seront à la fois délestés et remplis d’espérance, où nos doigts se lieront à ceux des autres en un pont immense et flamboyant, où nos joies se percuteront en échos symbiotiques. Ce paysage éclairé et vaste qui te prend en la présence des autres, il existe encore. Il s’est camouflé sous des couches de résiliences opaques et souples afin de survivre aux temps éventrés de grisaille mais il est là. Il est là. Tu le couvres en toi comme un œuf précieux et douloureusement lointain. À la fois comme une amorce et une relique. Tu n’as pas oublié comment lire leurs paroles et leurs silences. Tu n’as pas oublié la tiédeur apaisante du partage et la légèreté inouïe d’être. Encabané.e.s au creux de nos forces, nous continuons, tenaces, à croire aux grandes retrouvailles, aux larmes épaisses et tendres accolées à nos joues. Ce jour viendra. Et rappelle-toi que cet espace où tu inspires avec les autres est, et demeurera, l’une de tes plus pures libertés.