Lorsque nous avons pris la décision de traiter de la santé psychologique dans le deuxième numéro du magazine, ce sujet nous paraissait être une évidence en considérant la plus récente campagne étudiante nationale Sous ta façade, qui a mis en lumière l’ampleur du phénomène sur les campus québécois. Comment traiter d’une thématique aussi sérieuse et globale ? Comment parler de réalités qui nous touchent potentiellement tous et toutes, directement ou non, à des degrés divers ?

D’abord, comme un phénomène polysémique et polémique. La désignation du caractère normal d’une conduite est indissociable de la dynamique de pouvoir à l’œuvre dans une société. La « folie » peut ainsi se comprendre dans son rapport à la normativité sociale. La route a été longue pour en arriver à une compréhension sensible du spectre de la santé mentale, et la nomenclature des diverses époques pour désigner les personnes atteintes de différents troubles en porte les marques.

Le magazine se veut ainsi une porte d’entrée pour réfléchir à notre propre rapport à la santé psychologique et à la normativité sociale, tant individuellement qu’à l’échelle de notre campus et de la province. Quelles sont les causes sociales des différents maux ? Comment s’est construit notre rapport aux solutions proposées ? Où trace-t-on la ligne entre un comportement « normal », « déviant » mais tolérable, « déviant », mais nécessitant une intervention médicale ou sociale ? Quelle est la différence entre la marginalité et la folie ? Ce sont ces questions que nous vous proposons humblement de soulever à travers le contenu de ce numéro.

Petite histoire d’une réalité transversale

En retournant ces pages, vous pourrez tout de suite sauter à pieds joints dans cette perspective en lisant notre entrevue éditoriale en compagnie de l’historien Jérémie Dhavernas qui a réédité l’automne dernier, avec Anaïs Dupin l’ouvrage phare de la psychiatrie québécoise, Les fous crient au secours!, un récit de Jean-Charles Pagé, interné pour alcoolisme au printemps 1960.

Comment la psychologie sportive peut-elle permettre à des athlètes d’atteindre de plus hauts niveaux ? Quelle est la nouvelle réalité des entraineurs qui ont maintenant à composer avec ces dimensions ? Ce sont des questions auxquelles William Lapierre tente de répondre en page 18.

À la page 27, Érik Chouinard démystifie l’univers de la médicamentation des troubles de santé psychologique tout en sensibilisant face à la stigmatisation et le tabou autour de la consommation.

Le dossier principal débute en page 39 avec un article sur la campagne Bell cause et la réalité dans laquelle le Centre d’entraide Émotions, un organisme communautaire en santé mentale, opère au quotidien. S’ensuit un texte de Sarah Lachance qui apporte une perspective historique sur la folie à l’époque de la Nouvelle-France, de 44 à 46.

Alors que Margaux Bonfils vous présente le phénomène des entendeurs de voix et différentes thérapies alternatives en page 47, Maude Rodrigue éclaire une réalité peu documentée : la santé psychologique des personnes réfugiées, à lire en page 51.

Des témoignages d’étudiants anonymes vous sont présentés en page 50 et 56, alors que notre dossier thématique se termine sur un article de Léa Martin traitant de la santé psychologique spécifiquement chez les journalistes.

Hors-série

Amateurs et amatrices de conspirations, Ludovic Dufour s’attaque à ce phénomène qui ne date pas d’hier en page 22, tandis que Frédéric Aubé propose une réflexion sur la place du spirituel et du religieux dans nos sociétés contemporaines.

Si, comme moi, l’hebdo papier vous manque, vous pourrez apprécier la chronique Bon mardi (13-14-15), qui se veut un résumé de l’actualité du campus du dernier mois préparé par notre directeur de l’information au www. impactcampus.ca, Frédérick Durand. Cet espace est aussi mis à la disposition des associations étudiantes pour des annonces en tout genre. Il s’agit là de quelques nouvelles choisies par l’équipe mais, visitez régulièrement notre site web et abonnez-vous à nos différents comptes sur les médias sociaux pour toujours avoir l’heure juste à propos de tout ce qui se passe sur le campus. N’hésitez pas à nous transmettre vos intérêts, enjeux, activités – vous comprenez le principe – et à vous impliquer. Nous sommes là (par et) pour vous.

Finalement, notre photographe Julie-Anne Perreault vous convie dans l’univers éclaté des drags (queens et kings) à Québec, le temps d’un reportage (32 à 38).

(Encore) le meilleur pour la fin

Aux limites de la création et de la folie, Maude Rodrigue nous amène dans l’univers de l’organisme Folie-Culture, qui brouille la frontière entre le normal et le pathologique avec l’art comme pierre d’assise, à la page 60.

L’infatigable Nathan Murray vous dresse à nouveau une liste de films incontournables en lien avec la thématique du numéro (64-65), alors que Marc- Antoine Auger s’intéresse à l’œuvre de John Cassavetes dans les pages suivantes.

La scène musicale québécoise n’a plus de secret pour notre chroniqueur Simon Provencher, qui nous offre la deuxième partie de son dossier sur l’underground montréalais, cette fois-ci du côté franco. (69-70-71)

Jean-Sébastien Doré discute avec l’artiste Laurence-Anne de son premier album en page 74 ainsi qu’avec l’autrice Fanie Demeule, qui lance un deuxième roman, Roux clair naturel. (p.76)

Passionné(e)s de littérature, ne soyez pas en reste ! Ce sont quatre critiques (77-80) que nous vous proposons sous les plumes de Laurence Ménard, André-Anne Côté ainsi que Chanel Langlois Lécuyer.

Ce numéro se conclut avec vos contributions dans la section poésie (p.83), qu’on espère toujours plus nombreuses. N’hésitez pas à nous envoyer vos créations littéraires, nous les publierons avec plaisir.

Sur ce, bonne lecture !