La pandémie de COVID-19 fait rage depuis maintenant plusieurs mois. Loin d’être préparé.es à faire face à une telle situation, nous faisons tous et toutes de notre mieux et travaillons ensemble afin de freiner la propagation du virus et de revenir tranquillement à une vie normale. Cette pandémie nous oblige à revoir nos façons de faire, notamment en faisant du télétravail ou en suivant des cours à distance. Ce travail à distance apporte un isolement forcé qui peut avoir des conséquences sur la santé mentale, principalement au niveau de la motivation et peut même entrainer une dépression dans des cas extrêmes. Judith Trépanier, travailleuse sociale, donne son avis professionnel sur le sujet et Eve-Sophie Drolet, étudiante en communication à l’Université Laval, témoignage du défi que représente les études à distance.

Par Mélissa Gaudreault, journaliste collaboratrice

Avant d’étudier plus en profondeur le sujet de l’effet de l’isolement
sur la santé mentale, il est important de définir ce qu’est le bienêtre. 
Cela peut être définie principalement comme étant un « état agréable 
résultant de la satisfaction des besoins du corps et du calme de l’esprit » 
(Larousse).
Le télétravail

De multiples facteurs peuvent contribuer au bien-être d’une personne qui travaille à distance. Sur le plan du travail, il est primordial de « bien se sentir dans son milieu de travail », dit
Mme Trépanier. Plusieurs choses peuvent aider à créer un sentiment de confort et d’aisance dans son travail, comme « l’esprit d’équipe », la « reconnaissance de la part de ses collègues et de son employeur », la « stabilité professionnelle » et la satisfaction du devoir accompli.

En raison de la pandémie, c’est le travail à distance qui est priorisé, obligeant l’isolement des travailleurs et des étudiants. Cela entraine des conséquences sur la motivation. Pour les
personnes qui n’aiment pas travailler au sein d’une entreprise, cela peut avoir un effet positif, puisqu’elles préfèrent travailler seules. Elles sont plus productives lorsqu’elles sont dans un
endroit calme et qu’elles n’ont pas de contacts avec des gens. Au contraire, certaines personnes sont moins motivées quand elles doivent travailler seules à la maison. Judith Trépanier, par exemple, a besoin de « [plus de temps pour] s’installer [et pour se concentrer] puisqu’elle n’est pas dans son « environnement habituel ». Dans cette période d’isolement où il est difficile de se réunir, il existe des manières de conserver sa motivation comme de rester connectés avec l’aide d’outils technologiques (ex. : Teams, Zoom, Messenger, etc.) ou en gardant contact par téléphone.

L’isolement peut également faire en sorte qu’une personne se referme sur elle-même et ne pas se sentir bien sans que l’on s’en rende compte, parfois tellement que cela se transforme en dépression. Il y a plusieurs signes qui peuvent nous permettre d’identifier si une personne souffre d’une dépression : la tristesse, l’irritabilité, l’anxiété, des troubles du sommeil, une perte ou un gain de poids, un manque d’énergie ou la fatigue, une perte d’intérêt, des idées noires ou suicidaires, etc. Il est cependant possible de prévenir une dépression. Pour ce faire, il est essentiel de « bien se connaitre » et l’une des façons de s’aider peut être de « discuter [de ce que l’on ressent] avec un professionnel de la santé tel qu’un psychologue ou un travailleur social », affirme la travailleuse sociale.

Un isolement prolongé peut avoir des effets négatifs sur la santé mentale tels que la fatigue, des difficultés à dormir, des difficultés relationnelles et un désintéressement du travail. Il y a de nombreux moyens de contrer l’isolement. Par exemple, sortir prendre l’air, faire de l’exercice, voir des gens ou avoir de bonnes habitudes de vie. Néanmoins, comme il est possible et utile d’entrainer notre corps pour rester en santé, il est aussi nécessaire de se soucier de notre esprit.

Selon Judith Trépanier, la clé pour conserver une bonne santé mentale est d’avoir un équilibre dans notre vie, autant sur le plan personnel que sur le plan professionnel afin d’éviter « l’épuisement [et] le surinvestissement dans l’une des sphères de notre vie ». Enfin, même si le travail à distance a beaucoup d’effets négatifs, il peut aussi avoir ses bienfaits. Il permet de se «
remettre en question, de se reposer, d’être moins en contact avec les bactéries [qu’ils pourraient y avoir dans l’air] » et donc de prévenir un virus et par le fait même « l’absentéisme au travail ou à l’école ».

Les études à distance

Eve-Sophie Drolet, étudiante au Baccalauréat en communication publique dans le profil publicité sociale, est personnellement touchée par la pandémie de qui l’oblige à suivre ses cours à distance. Elle raconte de quelle manière cela a affecté son travail et comment elle réussit à le surmonter. Elle était au départ inquiète de l’impact que pourrait avoir cette situation sur sa motivation. « Même si je suis une personne introvertie, j’aime me retrouver dans la même pièce
que d’autres lorsque je fais mes travaux scolaires », dit-elle. Elle aime bien aller travailler à la bibliothèque ou dans un café pour se motiver plutôt que de rester chez elle.

Dans le contexte actuel, il est cependant plus difficile de faire ses travaux en présence d’autres personnes, car il faut respecter certaines règles comme la distanciation sociale. En apprenant que la deuxième moitié de la session d’hiver 2020 et ensuite la session d’automne 2020, elle a dû trouver des manières de se motiver et d’être plus productive.

L’étudiante a par exemple « identifié les moments de la journée où [elle est] le plus concentrée et redécouvert l’importance des To-do list ». La situation actuelle l’amène aussi à travailler sur elle-même. « J’ai définitivement eu à faire une introspection que je n’aurais pas eu à faire autrement », explique-t-elle.

Bref, la situation actuelle n’est pas idéale et l’isolement peut avoir des conséquences sur notre santé mentale, mais il est possible de surmonter ces obstacles seul ou avec de l’aide.