Je ne comprends rien à la politique. Je ne vote pas. Je n’ai pas pris le temps de faire mon changement d’adresse, je n’ai pas reçu ma carte électorale. Je ne vote pas. Les partis politiques: tous du pareil au même. Je ne vote pas. Je n’ai pas le temps, j’ai autre chose à faire. Je ne vote pas. Que de bonnes raisons pour ne pas exercer ce supposé privilège, celui de choisir les dirigeants de notre pays. Après tout, qu’est-ce qu’un tout petit vote peut bien changer? Le 14 octobre, je reste chez moi! Si les décisions des élus ne me plaisent pas, je pourrai toujours chialer et m’obstiner plus fort que tout le monde en faisant semblant de savoir de quoi je parle.

Pourquoi ne pas instaurer un régime où nos dirigeants se choisissent entre eux? Le meilleur finira assurément à la tête du pays! Je serais ainsi libérée de cette trop grosse responsabilité qui pèse sur mes épaules, celle de m’informer et de choisir le meilleur chef qui représentera mes intérêts. Quels intérêts de toute façon? Je vais me laisser porter par la vague. Et voilà, terminées les campagnes électorales à n’en plus finir! Terminées les pauses publicitaires où chaque chef de parti rabaisse l’autre! Terminés les débats télévisés animés par Julie Snyder! Ah! Quelle délivrance!

Les gens qui ne votent pas, ça vous agace? Ça me met hors de moi. Il n’y a aucune raison valable, à moins d’être en danger de mort, pour ne pas exercer ce droit, ce privilège. Mais encore, certaines populations seraient bien prêtes à mourir pour avoir le droit de vote. Seriez-vous sincèrement capable de regarder un habitant de la Corée du Nord dans les yeux et lui dire : «Je ne suis pas allé voter, j’avais beaucoup trop de devoirs.» Oui, le droit de vote est un cadeau et nous devons en profiter.

Vous n’êtes d’accord avec aucun des partis: annulez votre vote! C’est facile! Juste à faire un petit «x» dans chacune des cases. Au moins, vous aurez exprimé votre opinion. Aux élections fédérales de janvier 2006, 64,7 % des Canadiens ont exercé leur droit de vote. C’est un taux fort acceptable, vous direz. Bien sûr, mais ils étaient où, les 35,3 % restants? On remarque d’ailleurs un déclin constant du taux de participation aux élections fédérales. Selon Élections Canada, «le taux de participation est passé d’une moyenne de 75 % dans l’après-guerre à 70 % en 1993, à 67 % en 1997, puis à 64,1 % en 2000 et à 60,9 % le 28 juin 2004». Que se passe-t-il? Cette baisse serait en partie attribuable au fait que les jeunes ne votent plus. À peine plus de 25 % des jeunes de 18 à 24 ans ont voté en 2000. C’est inadmissible! Le manque d’information et le manque d’intérêt en regard de la politique fédérale sont pointés du doigt. Par ailleurs, ce pourcentage grimpe à 43 % si on parle d’élection provinciale.

S’informer n’a jamais fait de tort à personne. Allez sur les sites Internet de chacun des partis et lisez rapidement leur programme. Ce n’est pas long et vous serez alors plus enclins à faire un choix éclairé. Faites votre devoir de citoyen et renseignez-vous sur les systèmes politiques canadiens. Ça vous servira bien un jour! Un récent sondage publié sur Cyberpresse révélait que 6 % des Québécois pensent que le Bloc québécois pourrait être à la tête du Canada à la suite des prochaines élections. C’est IMPOSSIBLE! Même si tous les habitants de la province votaient pour ce parti politique, il ne pourrait jamais être élu, puisque nous ne sommes pas assez nombreux pour peser dans la balance. C’est un vote gaspillé, alors? Pas nécessairement, car ils défendent les intérêts des Québécois à Ottawa, une valeur importante pour certains. Autre aberration du genre, 16 % des gens ne savent pas qui est le chef du Parti libéral. Vous ne lisez pas de journal? Vous n’ouvrez jamais la radio ou la télévision? Le 14 octobre, soyez responsables et allez voter. Même si vous trouvez que les enjeux vous touchent plus ou moins, la population étudiante représente un électorat-clé. Plus on participe, plus nous serons écoutés et entendus. Nos intérêts ont ainsi beaucoup plus de chance d’être pris en compte. Au moins, vous pourrez chialer après si vous n’êtes pas d’accord avec les nouveaux élus.