Le 20 janvier 2008, je quittais notre beau pays pour m’installer à Louvain-la-Neuve, petite ville étudiante francophone de la Belgique. La tête pleine d’ambitions, le cœur un peu lourd, le stress bien présent, j’allais affronter ce tout nouveau destin qui devenait mien.

Je partais pour six mois. Six palpitants mois où j’étudierais à l’École de Journalisme de Louvain. Six fabuleux mois où je pourrais visiter une dizaine de pays outre-mer. Six longs mois où je vivrais dans un kot, un appartement étudiant loué à l’université, qui allait devenir mon nouveau chez-moi.

Mon kot, à deux pas de tout, n’était pas des plus jolis. Chaque fille – nous étions cinq «kokotteuses» à y vivre – avait cependant sa propre chambre avec tout ce qu’il lui fallait. Le lit, simple et sans draps – il fallait louer la literie au Service des logements – était soutenu par une quinzaine de lattes de bois sur lesquelles reposait un mince matelas. Des lattes qui, au contact de plus de 45 livres, s’effondraient. J’ai appris à dormir sur le matelas, à même le sol.

La cuisine contenait four et frigidaire, mais pas de vaisselle. La première fois que j’ai utilisé le four, il a surchauffé ! Impossible de l’éteindre. Il est six heures du soir, je suis seule au kot et j’ai peur de passer au feu ! J’avais contacté, paniquée, le Service des logements et un préposé était venu changer notre dangereux four. Fiou!

Plus les semaines passaient, plus les défauts de mon logement se faisaient voir. Plus d’eau chaude dans les douches après 23 heures, l’eau du robinet était impropre à la consommation et aucun accès Internet n’était disponible à notre kot. On m’a consolée en me disant que j’avais accès au câble. Génial! Comme si j’avais pensé à traîner ma télé dans mes bagages restreints à 23 kilos chacun…

En juin 2008, je revenais chez moi, les valises pleines de souvenirs, les expériences marquées en moi à jamais, les larmes aux yeux et le compte en banque vide. Cette semaine, soit cinq mois plus tard, je reçois par la poste des nouvelles du Service des logements de l’université belge. Une facture m’avise que je leur dois plus de 160 euros en frais divers. Si le huitième des frais est justifié – location de literie, nettoyage de la chambre et d’une poubelle, remplacement d’une ampoule – le reste est ridiculement synonyme d’exploitation.

On me demande 5,30 euros pour les lattes de mon lit, qui ont craqué et qui m’ont causé des blessures dès les premiers jours de mon séjour. Je commence à fulminer. On me facture aussi une «demi chaise» (!!!) à 99,83 euros. J’ai quitté mon kot en juin 2008 – je l’ai d’ailleurs payé jusqu’en juillet ! – alors que tout se tenait, surtout la chaise. Après mon départ, n’importe qui aurait pu briser une «demi chaise»! Et personne du Service des logements n’a voulu se déplacer pour vérifier l’état des lieux avant mon départ. Je prenais l’avion le week-end et laissez-moi vous dire qu’il doit y avoir un événement majeur pour que quelqu’un se bouge un jour de congé. Bien heureuse pour moi que mon four ait viré fou un mardi (on me facture d’ailleurs 64,52 euros pour cette intervention!)

Le Service des logements de l’Université catholique de Louvain-la-Neuve exploite les étudiants. Le mot se passe au Québec. On m’avait prévenue d’être prudente, il faut croire que je ne l’ai pas été assez. Je leur ai fait confiance. Je me sens volée, trahie, exploitée. Vive la Belgique.