«En ce jour du Seigneur, mettez votre FOIE à l’épreuve.» C’est le contenu d’une affiche placardée à plusieurs endroits de l’Université Laval, notamment au Pub du pavillon Alphonse-Desjardins. L’affiche, qui montre un personnage, de toute évidence Jésus Christ, invite le public à une soirée de consommation d’alcool. Une manifestation dont les commanditaires sont le Pub et le Salon des communications.

En tant que membres de l’Association étudiante catholique de l’Université Laval, nous entendons attirer l’attention de tous sur ces faits qui semblent se répéter. Un cas similaire s’est produit à l’automne 2007 où, pour leur party de fin d’année, des étudiants ont réalisé une annonce sur laquelle des symboles catholiques étaient ridiculisés. Il est pour le moins surprenant que ce genre d’illustration qui vente «les vertus» de l’alcool et en appelle à une consommation abusive trouve sa place à l’Université, institution qui s’est pourtant résolument engagée dans la lutte contre l’alcoolisme. Par ailleurs, le Salon des communications ne trouve-t-il rien de mieux à faire que d’inviter la jeunesse à plonger dans l’alcool en se moquant au passage de la pratique religieuse des autres? Nul besoin d’être un professionnel des communications pour savoir que ce genre de publicité comporte tout ce qu’il y a de plus néfaste.

Il est vrai que la liberté d’expression permet à chacun de dire ce qu’il pense, mais elle n’autorise pas l’offense. Nous pensons que ces affiches tournent en dérision la personne du Christ et par le fait même, la foi chrétienne. On peut s’exprimer librement tout en évitant d’offenser ou de blesser l’autre dans sa foi.

L’Université Laval a fait savoir à plusieurs occasions que toutes les sensibilités religieuses y ont leur place. Son représentant l’a abondamment rappelé lors de la présentation de son mémorandum sur les accommodements raisonnables devant la fameuse commission Bouchard-Taylor. L’Université a en conséquence le devoir de veiller à ce que certains membres de la communauté universitaire n’en viennent pas à avoir une attitude désobligeante envers d’autres sur cette question, précisément, de la foi religieuse.

Elle doit plutôt créer un cadre de dialogue et d’acceptation mutuelle, gage d’harmonie et de respect des valeurs de la société québécoise dans son ensemble. On nous répondra, sûrement, que cela est déjà le cas. Il faut croire que ce n’est pas parfait, puisque l’on note des dérapages de la nature de celui que nous déplorons présentement.

Nous sommes à une époque où chacun a la liberté de pratiquer une religion ou pas. Ceci étant entendu, il n’est pas acceptable que les gens qui font le choix d’affirmer leur foi soient offensés et agressés par d’autres. Ils ont aussi le droit de pratiquer. Il est donc important que chacun comprenne que sa liberté se termine là où commence celle des autres, comme dirait l’autre.

Jean Abud, Jean-Bernard Rousseau, Bertrand Malsh, Hervé Aka, Raphaël Lambal, Marie-Louise Thiaw, Ghislain Tabi, Louis Faivre, Laurence Martel, Georgette Dje
Association étudiante catholique de l’Université Laval