Je hais les Lost Fingers. Ce groupe m’a fait détester la légendaire chanson «Pump up the Jam» et m’a presque donné le goût de magasiner après avoir lu le livret-publisac se trouvant dans la boîte de son CD.

Sérieusement, ne vous êtes-vous jamais dit qu’il y avait de l’abus dans l’utilisation de l’image de ce groupe qui, à défaut d’être créatif, a fait preuve d’imagination et d’un peu de génie en reprenant des vieux hits des années 1980, version jazz manouche? Personnellement, je ne suis plus capable d’entendre leurs maudites tounes, ni de voir leurs complets blancs, roses, bleus, ou peu importe, qui me font littéralement saigner des yeux et des oreilles. Les Lost Fingers à l’espace 400e, les Lost Fingers parrains de la journée sans voiture (c’est quoi le rapport !), les Lost Fingers au Festival d’Été, les Lost Fingers en show à la mi-temps du match d’ouverture du Rouge et Or football, les Lost Fingers à l’ADISQ. STOP ! Ça suffit !!! À force d’insister sur une formule qui fonctionne, on l’écule et un seul sentiment nous envahit: la haine! Pascale Picard l’a vécu à ses dépens l’an passé. Heureusement, elle a présentement beaucoup de succès en Europe, ce qui soulage un peu le marché québécois et notre ouïe.

Les Lost Fingers, non contents de se produire dans les bars, proposent des concerts privés pour les entreprises, mais aussi pour les services gouvernementaux. Lucrative visibilité qui prouve que le succès de la formation jazz n’est pas éphémère. Pour en rajouter, un ami me disait la semaine dernière que l’album des Lost Fingers était sa découverte la plus récente et le CD de l’heure dans son auto. Plus des gens continueront à découvrir cet album et plus nos tympans vivront l’enfer sur terre. Je propose donc, soit de faire une razzia dans les magasins de disques pour éliminer les galettes coupables de ce supplice inhumain, soit de créer le non-fan club des Lost Fingers, qui lèverait des fonds pour payer des billets d’avions et des chambres d’hôtels au groupe pour une durée de six mois, minimum, au Bhoutan.

Aussi, quel autre concept d’album vont-il trouver, après les années 1980? Les Lost Fingers reprennent les meilleures chansons de la Compagnie Créole? Imaginez, Le Douanier Rousseau version Django Reinhardt. Ou bien, Les Lost Fingers rendent hommage à Alain Morisod et les Sweet People. En tous cas, je trouve que l’adage populaire qui dit «Trop, c’est comme pas assez» sied bien au trio.

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Novembre. Quelle hérésie! Dans l’optique de bannir ce mois du calendrier, je pense créer un groupe de pression sur Facebook. Honnêtement, de vous à moi, ça sert à quoi novembre? Un mois de transition pourri durant lequel la nature perd tout son éclat. Les humains, eux, trimballent leur teint grisâtre, leur mine basse et leur face de déprimé tout en pestant contre la maudite pluie et le froid glacial. Et d’un coup, comme par magie, tout le monde attend la neige avec impatience! Faut vraiment être au bout du rouleau pour attendre avec impatience que la neige vienne nous envahir pour les cinq mois suivant! Tiens et aussi, j’aimerais bien qu’on élimine Avril, l’agace qui nous offre du soleil un jour, mais nous envoie de la neige le lendemain. Je vais envoyer mes doléances à Jean Charest, histoire que ses élections servent à quelque chose…