PHOTO: François-Xavier Boulanger-Nadeau

Si vous êtes sceptiques, c’est que vous n’avez pas encore assez porté attention à la première semaine de cours de chaque session. C’est un peu comme une espèce de semaine de la marmotte qui se répéterait deux fois l’an. Une semaine où vous pensez pouvoir étudier, mais où vous passez quinze heures à écouter des professeurs surqualifiés et suréduqués vous répéter d’une voix monotone les modalités d’étude et les normes départementales. Une semaine où vous ne faites absolument rien pour l’univers et où l’univers ne fait plus rien pour vous. C’est un peu comme si vous entriez en poste dans un nouvel emploi, et qu’une fois assis sur votre chaise, votre patron vous disait: «Parfait, maintenant tu commences à travailler la semaine prochaine. Amuse-toi bien.» Un verre d’eau froide à la gueule de tous les motivés de la première heure, nous, les mutilés du syllabus, les éclopés de la rentrée, les victimes de la présentation PowerPoint…

Vous voulez savoir la meilleure? J’ai eu droit, au cours d’une période de trois heures, à deux présentations de plan de cours. Les deux éminents professeurs assurant la charge de mon cours se partageant la tâche, elles ont toutes deux tenu à prendre une moitié de la période pour nous lire le plan de cours. Oui, un plan de cours commun. Venez me faire croire que ce n’est pas fait exprès!

Je me prends à rêver la nuit à tout ce que j’aurais pu faire de toutes ces semaines perdues à regarder, le regard vitreux, ces salamalecs redondants. J’aurais pu mettre tout ce temps à profit pour planter des courges, construire un bateau, inventer une nouvelle race de tortue, construire une idole païenne en papier mâché, n’importe quoi. Mais non. Comme vous tous, je me suis vautré dans les vicissitudes des objectifs de cours, je me suis roulé dans les modalités de retard.