D’abord, j’aimerais souligner l’audace de l’équipe de rédaction d’Impact Campus pour nous avoir présenté son dossier sur le mouvement étudiant québécois. M. Talbot, ainsi que Mmes Pelletier et Vadnais ont pris la peine d’interroger plusieurs acteurs du mouvement étudiant et de soulever plusieurs questions importantes pour dresser le portrait que chacun esquisse de la situation.

L’exercice est important. Il est parfois essentiel de prendre du recul pour mieux voir la forêt qui nous est cachée par l’arbre afin de créer et de faire avancer le débat. Ce genre d’initiative, de la part d’un journal étudiant, est nécessaire à la santé démocratique et citoyenne de notre mouvement. La lecture des articles concernés et de l’éditorial nous ont amenés à méditer et à dresser notre propre portrait de la situation.

D’abord, est-ce que les étudiants se laissent manger la laine sur le dos? Je ne crois pas. Les derniers mois ont démontré que les étudiants savent encore lever la tête sur plusieurs enjeux. La crise de la semaine de lecture de la dernière session aura permis à la population étudiante de voir le plan de cours d’un nouvel œil. L’effort des associations étudiantes a aussi permis de faire retirer plusieurs articles controversés de la proposition de nouveaux règlements disciplinaires.

Dans les mois à venir, les étudiants lavallois seront encore une fois interpellés par leurs associations afin de faire entendre leur voix et de défendre leurs droits. Ils auront à protéger certains acquis au chapitre de leur représentation dans les instances universitaires. Ils seront également appelés à se mobiliser sur la question des frais institutionnels obligatoires.

Au local, la mobilisation prend du poil de la bête. La participation aux instances de la CADEUL a rarement été aussi élevée. Le nombre d’associations présentes à nos caucus fait certainement l’envie de plusieurs associations au Québec. Pour ce qui est du conseil d’administration cadeulien, presque tous ses sièges sont comblés, signe d’un intérêt marqué de la population étudiante envers leur association.

C’est surtout au niveau national que nous assistons à un réalignement des forces qui s’avérait sans doute nécessaire. Il est vrai que depuis 2004, plusieurs associations ont quitté le navire feuquien. Il y a d’abord eu l’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AÉLIÉS), suivie de la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL), de la Students’ Society of McGill University (SSMU), de l’Association étudiante du secteur des sciences de l’UQAM (AESSUQAM), puis du Regroupement des étudiants et des étudiantes de maîtrise, de diplôme et de doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS), il y a à peine quelques mois. C’est non sans raison que dans son éditorial, Mme Vadnais s’éloigne de l’idée de réclamer «un ralliement massif à la FEUQ».

Il ne faut cependant pas négliger de mentionner que les associations indépendantes se réunissent régulièrement en table de concertation. Peut-être s’agit-il là d’une preuve que la nature a horreur du vide? Quoi qu’il en soit, autour de cette table, tous les sujets relatifs aux grands dossiers étudiants sont abordés et plusieurs résultats ont d’ailleurs été atteints. Quelques communiqués ont été publiés et les associations indépendantes ont promis de collaborer dans l’important dossier de la gouvernance universitaire. Tout ça, en seulement quelques mois de travail conjoint.

Ces rencontres de la Table de concertation se font toujours dans un esprit d’indépendance, de collégialité et de respect. Si des positions communes peuvent être adoptées, nous collaborons sur le sujet. Par contre, dans les cas où les opinions divergent, le respect prime et nous passons au prochain point. À la base, toute position prise est appuyée par une décision des instances démocratiques de chacune des associations.

Quoi qu’il arrive, pour le bien de tout le mouvement étudiant québécois, le temps des remises en question devra venir. Des associations et des individus devront accepter certains faits. D’abord, la compétition, la concurrence et le maraudage sont contre-productifs. Ensuite, il est essentiel d’accepter la décision des autres associations.

En terminant, je profite de l’occasion qui m’est offerte pour souhaiter une très belle année 2009 à toute la communauté universitaire. Malgré les craintes provoquées par la situation actuelle de l’économie, toute l’équipe de la CADEUL souhaite que chacun et chacune conserve un esprit d’équité, de solidarité et de justice sociale pour la prochaine année.

Et du succès dans vos études!

Simon Bérubé
Président de la CADEUL