Il est partout, partout, partout. Dans le journal, à la télé, à la radio, dans votre auto, à l’épicerie, aux Remparts et au spectacle de la mi-temps du Rouge et Or. On ouvre le frigo et hop, Régis est là! On embarque dans l’auto, tadam! Régis est assis, côté passager. Régis Labeaume nous colle maintenant à la peau. C’est la nouvelle fatalité à Québec, comme l’ennui à Drummondville.

Sans le vouloir et surtout, sans le demander, il nous a rarement été donné de voir un élu aussi souvent. Tous connaissent maintenant son attachement à la taurine, son utilisation de la salle du conseil municipal à des fins publicitaires pour une multinationale et son refus de l’intellectualisme. Notre truculent maire nous l’a démontré en juin dernier, pendant une cérémonie qui rendait hommage aux soldats canadiens, lorsqu’il a qualifié de «minable» un manifestant anti-guerre, qui est également professeur de science politique à l’UQÀM, écrivain, antimilitariste et chercheur au Massachussets Institute of Technology de Boston. Il a surtout fait la preuve du respect qu’il éprouvait pour ceux qui ne pensent pas comme lui, l’érudit de la question talibane.

Il est de tous les combats, surtout ceux qu’il crée. Parlant de ça, il a même été jusqu’à s’ingérer dans les négociations pour la tenue d’un combat de championnat du monde du boxeur Lucian Bute à Québec. Pendant ce temps, la neige s’accumulait sur les trottoirs de la ville et, jusqu’à preuve du contraire, les négociations avec les policiers «fourreurs de système» achoppaient toujours.

N’empêche, Régis est amusant. Quelques jours avant le sommet de la Francophonie, sur les ondes de l’émission de Marie-France Bazzo, notre pétulant maire affirmait avoir de «la misère» avec Nicolas Sarkozy, disant de lui qu’il était épars et qu’il partait souvent sur des «chires». Les fabricants de miroirs de l’univers ont-ils tous fait banqueroute? Régis Sarkozy qui parle de Nicolas Labeaume de cette façon. Tenez-vous bien sur vos chaises et gardez les mains sur le volant!

Régis est rigolo et il le communique à sa ville, qui s’est bien amusée lors du 400e. Toujours préoccupé de stimuler la production d’endorphine de ses citoyens, notre maire nous a appris la semaine dernière que le Moulin à images sera de retour pour les cinq prochaines années (nos hommages aux citoyens de la rue des Remparts et du Vieux-Port!), accompagné du Cirque du soleil. Où allons-nous trouver le temps pour travailler dans ce quinquennat?

Pendant qu’il s’applique à divertir la population en faisant miroiter la prospérité, il prépare sa prochaine campagne électorale. Un regroupement d’indépendants sous la bannière d’Équipe Labeaume. L’indépendance vient de trouver sa voie. Cette nouvelle formation politique nous comble de bonheur, dans la mesure où elle permettra au maire de déléguer des tâches. Donc, il pourra en faire encore plus! Ça lui donnera le temps de gérer la ville.