L’Université Laval fait partie des trois établissements scolaires québécois qui proposent le défi 24 PAUSE à ses étudiants. Le défi en question invite les étudiants et l’ensemble des membres du personnel à vivre l’expérience d’une journée de déconnexion. Une journée complète sans aucun type d’écran. Les participants courent ainsi la chance de remporter une bourse de 1000$. Je me suis entretenue avec Carolanne Campeau, coordonnatrice de la campagne PAUSE chez Capsana et chargée de cours au certificat en toxicomanie à l’Université de Sherbrooke.

Le défi 24 PAUSE s’inscrit dans la campagne pause ton écran qui est une campagne qui vise la prévention des risques associés à l’hyperconnectivité et de tout ce qui est en lien avec l’utilisation prolongée des écrans.

« Ce qu’on veut faire, c’est aider les étudiants à prendre un temps d’arrêt et évaluer la place qu’occupent les écrans dans leur vie, évaluer si ça amène des impacts négatifs et comment reprendre le contrôle de tout ça. On invite les étudiants du Québec à prendre un moment pour se reconnecter avec soi-même », m’explique d’entrée de jeu Carolanne Campeau.

Il s’agit de la deuxième édition de la campagne de sensibilisation. Cependant, il s’agit de la première édition du défi en question. Incitatif important pour ceux désirant participer, les participants du défi 24 PAUSE courent la chance de remporter une bourse d’études de 1000$.

Le défi se tiendra le 24 novembre prochain – date marquant la fin de la semaine de la prévention nationale des dépendances.

Il est possible de s’inscrire au https://pausetonecran.com/24h/.

Des activités en lien avec la campagne de sensibilisation proposées par Mon équilibre UL auront lieu sur le campus tout au long de cette semaine. Ainsi, l’Espace Éphémère (espace mobile dédié aux étudiants) au Pavillon Alexandre-Vachon permettra aux étudiants de relaxer et de faire des rencontres dans un milieu sans écran.

Cyberdépendance : un problème qui vaut la peine d’être scruté de plus près

« En 2019, on est branchés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, on a des écrans partout. Cette situation comporte de nombreux biens faits, mais aussi des impacts négatifs. Par exemple, des problèmes de vision, de posture, psychologiques, anxiété, stress, insatisfaction en général, etc. – m’explique la coordonnatrice de la campagne. Il y a aussi l’aspect inactif qu’il ne faut pas oublier, parce que le temps qu’on passe sur des écrans, c’est du temps sédentaire. »

« De nos jours, nous sommes tous hyperconnectés, et c’est ce phénomène qui amène la conséquence plus sévère qu’est la cyberdépendance dans nos vies. En effet, certaines personnes vont se rendre au point d’avoir des obsessions récurrentes et persistantes concernant leur besoin d’être connecté. Ils ont besoin d’une surstimulation et ils vont finir par négliger  d’autres aspects de leur vie, que ce soit sur le plan personnel, familial ou professionnel », poursuit-elle.

« Pour que l’on considère ça comme une cyberdépendance, il doit y avoir des conséquences sévères depuis un petit bout de temps. Donc, la personne a déjà essayé de prendre le contrôle, mais n’est pas capable de le reprendre et c’est là qu’on va suggérer d’aller chercher de l’aide », ajoute du même souffle Mme Campeau.

Comme pour la plupart des dépendances, il n’existe pas de guide standard à suivre pour obtenir une utilisation des écrans dite équilibrée. Chaque personne est différente et possède une relation différente avec ses écrans. Il faut donc trouver par soi-même une utilisation que l’on juge comme équilibrée.

Il y a un aspect de temps qu’il faut juger. De plus, il est impératif de se questionner sur la place qu’occupent les écrans vis-à-vis d’autres aspects de notre vie qui seraient possiblement négligés.

Il s’agit d’une réflexion personnelle.

Bien sûr, tout n’est pas négatif, relativise la chargée de cours.  « Il suffit de bien choisir ses moments pour utiliser les écrans. Que ce soit pour le divertissement, pour les études ou pour le travail, les écrans sont utiles et pertinents. Ce sont plutôt la fréquence et les moments d’utilisation qu’il faut évaluer. Faire la part des choses entre les moments appropriés et inappropriés. »

 Les étudiants plus à risque ?

Selon madame Campeau : « À l’Université on doit aller en ligne pour de multitudes raisons. Ça devient un réflexe et un automatisme qu’il faut remettre en question. De plus, les étudiants sont plus à risques puisqu’ils sont plus connectés que la majorité de la population ».

Le stress constant que subissent la plupart des étudiants universitaires y est probablement pour quelque chose aussi. Une sorte d’échappatoire.

Quelques pistes de solutions proposées par notre intervenante : instaurer des moments dans notre routine sans écran, pendant le souper ou avant le coucher par exemple. Trouver d’autres façons de se divertir qui n’impliquent pas nécessairement des écrans exemple des jeux de société.