Est-il à propos de comparer le salaire des gens entre eux  ? C’est ce que fait le recteur Denis Brière, dans un courriel adressé hier à toute la communauté universitaire, en comparant son salaire à celui du recteur de l’Université de Montréal. M. Brière constate que son salaire est sur bien des lèvres, avec raison.

La question du salaire des élus ou des dirigeants publics est épineuse, car elle nous force à mettre un chiffre de façon froide sur le prix que nous payons pour ces grosses pointures. Parfois, on met de l’avant des arguments comme l’obligation d’attirer (  et de retenir  ) les meilleurs pour prendre certaines décisions difficiles.

Plusieurs pièges nous guettent, lorsqu’on se livre à ce genre d’exercice. Tout d’abord, on s’indigne d’une rémunération si généreuse, qui semble détonner avec l’atmosphère générale d’austérité budgétaire. Ensuite, on se compare aux comparables, ce qui justifie apparemment la situation actuelle. On peut aussi comparer aux autres, comme le premier ministre du Québec ( qui gagne 175 000$ par année  ) et celui du Canada ( qui gagne 315 000$ par année  ).

Il reste quand même que l’«  ajustement  » dont a bénéficié le recteur de l’Université Laval est de l’ordre de 43% sur une très courte période de temps. C’est loin d’être anodin.

« Habituellement, une augmentation salariale souligne des bons coups. Nous cherchons encore où ceux-ci se trouvent suite à l’implantation bancale de Capsule ( programme de gestion des études  ) et aux retards notoires dans le projet du Super-Peps  », déclare la CADEUL, ce qui ne relève quand même pas de l’exagération.

Bon. Limiter l’administration Brière à Capsule et au Super-Peps n’est pas nécessairement le meilleur résumé. Cependant, dites-vous que l’année 2010 de Denis Brière est considérée comme 43% meilleure que son année 2009. Voilà qui pose, en effet, la question   : où est ce 43% à l’Université Laval, à part la moyenne canadienne ?

Vous savez ce qui est bien plus que 43% plus élevé qu’au Québec selon la moyenne canadienne  ? Les droits de scolarité. La direction de l’UL veut-elle donner le ton  ?

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Cette semaine, Impact Campus a été entièrement réalisé en dehors de ses bureaux. En raison
de l’incendie dans un corridor sous-terrain de l’Université, nos locaux ont dû être évacués et
sont hors d’accès depuis.

Je salue donc le travail de notre équipe, qui a fait preuve de flexibilité et de créativité pour mettre au monde la publication que vous tenez entre vos mains. Pour rencontrer ces gens et commencer à écrire avec eux, n’oubliez pas de m’écrire à redaction@impact.ulaval.ca.